vlcsnap-2018-08-26-17h59m11s069

Une chose reste certaine avec Maddin : on est dans l'expérimental... Ce court, présenté comme un hommage à László Moholy-Nagy (mais si vous savez bien, ce peintre, sculpteur, réalisateur et photographe, proche du constructivisme et du Bauhaus ; ce type qui, interrogé pertinemment par Wikipedia (je sais, c'est facile) reprochait au cinéma abstrait de « privilégier les développements formels au détriment de la représentation du mouvement ». Mais si, vous voyez) partirait justement d'un "scénario" jamais tourné par le László. Bref de quoi s'agit-il exactement ?... C'est là dirais-je que cela devient coton : on reconnaît bien, derrière une grille, un corps de femme nue, des images relativement trafiquées et "mouvantes", comme en fusion, un corps de femme donc qui se voit par la suite "matraquée" par ce que l'on pense être bêtement des balles de ping-pong (déformation professionnelle) ; on se rend compte en fait que ce sont des oeufs (oh putain parfait, cela permet de faire un lien avec le titre) mais cela ne nous donne guère plus de pistes au niveau du fond... nous vient tout de même en un éclair l'idée suivante "est-ce que c'est le cinéma qui fait Maddin, ou Maddin qui fait son cinéma" mais au delà de remplir une ligne supplémentaire à cette chronique cela ne nous mène pas plus loin. Oui, c'est conceptuel et pas si désagréable (six minutes, c'est jouable en plus) ces formes, ces corps, toujours en mouvement, en fusion disais-je possèdent une vraie dynamique interne ; on sent bien que l'on reste dans l'abstraction, dans l'esthétisme brut même oserais-je, mais on n'osera guère plus... Il était une fois un poulet - ou pas ; ou un oeuf... Expérimental, donc, et intrigant (au moins cela permet de se pencher, pour les non-initiés, sur l'oeuvre protéiforme de László Moholy-Nagy).

vlcsnap-2018-08-26-17h54m29s490

Mad of Maddin