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(ATTENTION : cette chronique risque de contenir des jeux de mots douteux sur les coiffeurs, nous nous en excusons par avance même si le scénario est tiré par les cheveux). Warren Beatty, lui-même coiffeur, a la coiffure de Chewbacca ; mais cela ne l'empêche de séduire toutes les clientes qui passent entre ses mains expertes ; les deux gonzesses qui tiennent la corde sont Goldie Hawn (porteuse tout du long de micro-jupes du meilleur effet - cela permet en plus de ne pas trop se concentrer sur son non-jeu) et Lee Grant (piquante comme on dit). Il continue également de fréquenter son ex, la bien jolie Julie Christie... Pour la faire courte (ne rentrons point dans les détails de l'histoire, une sombre histoire d'achat de salon de coiffure par Beatty... Vous voyez l'intérêt de l'affaire...), disons qu'à force de courir plusieurs lièvres à la fois, le séducteur sans vergogne Warren en sera pour ses frais... Un peu comme un Rohmer... Malheureusement, les dialogues ne sont pas au niveau et les marivaudages encore plus poussifs.

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Comment comprendre que Criterion se soit intéressé à cette œuvre (oubliée et très mineure) si ce n'est par le fait de rester fidèle à un "auteur" (Ashby…) et de proposer une morale dans "l'air du temps" : le triomphe du second sexe (et encore, il faut relativiser, certaines jeunes femmes « libres dans leur tête » apparaissant au final plus vénales que sentimentales...) ? Pas facile facile... Alors oui, on a un tableau plutôt sympathique des seventies avec des costumes highly vintage ; une séquence marque particulièrement des points, cette fête déjantée sur la fin avec, semble-t-il, toute la faune et la flore de l'époque (du black fumeur de joints stoïque aux naïades courtement vêtues voire totalement à poil - si je veux aller au jacuzzi avec vous ? Ben, heu, oui, tiens). A noter également, pour rester dans le domaine libertaire et érotique, l'insistance de Julie Christie pour faire une petite gâterie à Beatty en pleine soirée mondaine : pas vraiment mainstream comme saynète... Warren Beatty passe donc de femme en femme en pensant tirer son épingle du jeu ; « malheureusement », le type finit par se faire prendre en flag et se retrouve à la fin du film Gros-Jean comme devant : bye et bye les gonzesses et adieu le financement du salon. Au départ, si cela part sur un rythme de comédie plutôt agréable, on s'enlise assez vite dans ce scénario cousu de cheveux blancs ; Beatty, s'il est indéniablement habile du ciseau, n'a pas inventé l'eau tiède et son personnage de benêt chevelu infidèle et lasse rapidement. Producteur et scénariste du film, Beatty l'homme à femmes semble avoir voulu casser son image "d'homme fatal" en se retrouvant au final le pantin de ces dames. C'est tout à son honneur, dommage que ce vaudeville mis en plis par Ashby manque autant d'ambition comique et de profondeur psychologique (les femmes et leur obsession pour leur coiffure : girl power !). Mousseux, l'affaire.

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 The Criterion Collection