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Chaplin aurait-il donc tout piqué à René Clair ? En mieux alors, et en drôle… Alors oui, c’est vrai, sans être d’une mauvaise foi coutumière, il y a ces plans sur ces chaînes de fabrication (des phonographes…), sur des prisonniers filmés en rang d’oignon, on a droit aussi à une petite pointe de romance et puis un discours de fond sur l’aliénation, hein : « de la prison à l’usine » où est la différence ?...  Mais sinon, quand l’une des œuvres est un sommet du burlesque, pour ne pas dire un sommet du septième art, l’autre reste quand même un peu plan-plan - et ce sans faire de l’anti frenchisme primaire.

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Un homme s’échappe de prison, pille un petit magasin, monte un commerce dans le phonographe, puis une usine… Devenu un ponte, il croise son ancien comparse de prison, celui là même qui l’a aidé à s’échapper. Dans un premier temps, il l’ignore avant de lui taper, en souvenir du bon temps, dans le dos. Mon pote, je ferai tout pour toi : tu es amoureux de cette petite employée, je te file une dot… Mais les femmes sont frivoles, malheureusement…  Et puis voilà-t-y pas que le passé rattrape notre boss et que les flics lui collent aux fesses. Une société sans liberté, un travail qui aliène, et des femmes trop légères ? Ne serait-il pas grand temps pour nos deux acolytes de reprendre les chemins de la liberté ? J’ai envie de dire si.

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On peut apprécier ces immenses décors d’un autre temps, cette musique emballante d’Auric qui comble les trous dans cette période balbutiante du parlant, on peut adhérer à ce discours de gauche - société aliénante tu m’auras pas - ou encore rendre hommage à ce patron qui, une fois qu’il a mécanisé entièrement la chaîne de production, donne les clés aux employés ; ils peuvent dès lors se consacrer au bowling ou aux échecs au sein de l’usine – belle utopie. Bref. Mais sinon, l’ensemble manque tout de même terriblement de rythme (j’ai dû attaquer une sieste en début et une autre en fin – jamais bon signe… qui oblige en plus à revenir en arrière pour voir où le bât blesse – et le bât blesse, ça patine) ; la romance est molle (et quasi superflue – l’actrice n’est qu’une simple marionnette), l’arrestation du boss infinie (il a au moins deux jours pour s’échapper), et les chansons méchamment plombantes (ah ces chansons françaises vintage des thirties… on aurait presque envie de s’auto-guillotiner). Il y a de l’envie, des trouvailles, même un petit vent de folie (cette tempête au sein de l’usine sur la fin) mais le manque de dynamisme, d’humour aussi, de gags burlesques, ne permet jamais à cette œuvre d’arriver à la cheville d’un Chaplin accusé un peu légèrement par la production française de plagiat.  Rien ne vaut la liberté chaplinesque. Clair reste un sympathique petit potage moins goûtu.

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 The Criterion Collection