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Un petit film d'Harold Lloyd, cela faisait longtemps et c'est toujours rafraichissant. Notre gars Harold a un rêve : aller à la fac et y devenir le type le plus populaire. Il s'y entraîne, il y croit, même si c'est une grosse brèle. Dès son arrivée, ses comparses vont se faire un plaisir de se moquer copieusement de lui tout en lui faisant croire, à ce petit couillon à lunettes, qu'il est la nouvelle coqueluche. Un tableau un peu pathétique de l’humanité en quelque sorte. Heureusement la chtite Peggy (Jobyna Ralston, a typical girl next door, pour ne pas dire indoor vu qu'elle fait le ménage chez l'Harold en plus de s'occuper de la réception) en pince pour notre Harold et l'on sent bien qu'en cas de coup dur (quand il finira par apprendre la vérité sur sa soi-disant popularité), elle sera toujours là pour le galvaniser. Quand on a que l'amour... Harold, vexé mais poussé par sa douce, aura alors l'occasion de devenir enfin héroïque aux yeux de tous : il rentre à dix minutes de la fin du match de football américain (l'événement de l'année) ; ce n'est pas tant qu'on croit en lui - il y a simplement plus de remplaçant – mais il tient là l’opportunité rêvée (s’il ne se fait pas couper en deux)... Harold va se faire bananer sa mère mais tentera de s'accrocher jusqu'au bout...

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Lloyd endosse son costume de tout jeune adulte maladroit et naïf qui se fait rouler dans la farine par ses pairs ; timide, il fuit dès le départ les regards enamourés de la chtite Peggy qui semble bien la seule à voir un certain potentiel chez ce binoclard en attente obsessionnelle de popularité. Le pauvre va devoir se payer de nombreuses humiliations (on se sert de lui comme véritable punching-ball lors des entraînements, il se ridiculise lors d'un bal à cause de son costume neuf qui tombe en lambeau...) mais continuera de croire en son étoile. On s'attendait à de multiples situations gaguesques burlesques et l'on est un peu déçu de ce point de vue-là : un passage inopinée sur scène qui tourne au grand n'importe quoi (Harold s'enfonce face à un public en délire qui se fout de sa tronche et continue de creuser sa tombe (il reste totalement aveugle à l’ironie de la chose ; il y a, notons-le au passage une petite séquence avec un chaton qui est, elle, toute mignonne), des sessions d'entraînement où notre gars finit totalement abruti par les coups et un bal qui tourne au fiasco (Harold finit la soirée en calbute, la honte putain). On s'esclaffe peu, disais-je (le gag du costard est vraiment trop longuet) mais on est finalement cueilli là où on s'y attendait le moins ; notre Harold prenant conscience d'avoir été moqué, endosse soudain le rôle d'un personnage relativement touchant. Il rêvait d'être adoré et l'on s'est joué de lui sur toute la ligne : de quoi déprimer grave ; il jouera, bienheureusement, dans le dernier quart d'heure le match de sa vie :  outre les situations un peu gaguesques (Harold se lance en solo pour aplatir derrière la ligne... un chapeau), on apprécie la façon de filmer l'action (des petits travellings arrière sur le terrain qui permettent de suivre au plus près la percée extraordinaire de l'Harold). Il avait déjà l'amour, aura-t-il la gloire, je vous laisse deviner. Au final un film qui ne te fait pas te taper sur les cuisses mais qui parvient avec finalement une certaine audace à rendre ce personnage de loser absolu relativement touchant. A défaut d'humour transcendant, The Freshman rend joliment compte, via un personnage enfermé dans sa bulle, du fait que l'amour transcende : elle a toujours cru en lui, c'est à lui ensuite de faire le même chemin en toute lucidité...

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