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Etrange (...) ce besoin de Dearden, dans les années 40, en pleine guerre, de vouloir créer un espace hors du temps... Juste avant le curieux They came to a City, Dearden met en scène des personnages divers qui, alors que la guerre a toujours lieu, doivent faire face chacun à leur démon... L'introduction est assez déstabilisante en soi puisqu'on passe, "à la Dearden", d'un milieu à un autre (une salle de spectacle, un bar, un bureau d'avocats...), le temps de nous présenter différents personnages... Un couple qui se déchire sous les yeux de leur petite fille, un jeune couple qui s'aime mais dont le gars, irlandais (alors encore neutre dans le conflit !), travaille en Allemagne - au grand désespoir de sa douce -, un couple qui ne se parle plus suite au décès de leur fils, un profiteur de guerre, un chef d'orchestre sur le point de mourir... Ils ont tous un petit problème à régler avec eux-mêmes, un léger trouble on va dire en ces temps troublés... Quoi de mieux pour ce faire que de se rendre dans un petit cottage à la campagne loin de tout... Et loin du présent puisque la vie dans la baraque semble s'être arrêtée exactement un an avant, en 1942... Le gars qui tient l'auberge n'a pas de reflet dans les miroirs, sa fille n'a point d'ombre, on se doute rapidement qu'il y a quelque chose de pas très catholique dans cette baraque... Les hôtes ne vont pas tarder à se rendre compte qu'il y a en effet quelque chose qui cloche, ici, mais aussi en eux... Se retrouver soudainement un an avant, cela permet de prendre du recul sur soi-même et peut-être même d'éviter de faire des choix dans le futur pas très fute-futes...

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C'est une atmosphère paisible qui règne en ces lieux, même si beaucoup de personnes n'osent s'affronter droit dans les yeux (les couples en bisbille), même si certains ne font pas trop les malins sur "leur fait de guerre" guère héroïque... Différentes situations (la jeune fille qui se jette à l'eau pour faire "réagir" ses parents, la séance de spiritisme...), et autres petites discussions "entre amis" vont permettre de faire avancer le schmilblick. On comprend très vite le principe de la chose, devinant à l'avance que chacun va se prendre une petite claque et devra dorénavant, en solo ou à deux, prendre ses responsabilités (faire la paix avec son prochain ou avec sa conscience). Dearden ne charge pas trop l'aspect "fantastique" de son film, préférant, "à l'anglaise", plus se concentrer sur sa galerie de personnages qui interagissent dans cet univers totalement coupé du monde. Cela a son charme même si le concept a des ficelles grosses comme mes mollets (j'ai repris le running, j'ai des semelles de vents - et boueuses aussi). On sent, dans ce film de propagande rappelons-le, une certaine compassion «facile » des gens les uns envers les autres et bien sûr, flotter dans l'air, un certain patriotisme (les English s’ouvrant exceptionnellement aux peuples voisins amis : Galles, Irlande, France - oui, on a aussi droit à de la bienveillance, c'est dire que l'heure est grave). Une direction d'acteurs au taquet dans un film conceptuel certes original mais aussi parfois (tout comme l'ambiance "historique") un petit peu lourd dans sa démonstration.

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