"Qu'est-ce que vous avez fait le 12 ?
- C'que j'ai fait le 12 ? Ben j'ai bu."

"Et pas d'amour, hein, ceci est une histoire de police."

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Pierre Chenal, le grand maître du noir à la française (oui, ben on en a pas tant que ça...), revient dans Shangols avec ce scénario un brin simpliste (Von Stroheim tue un homme et paye une "fille de nuit" pour avoir un alibi : va-t-elle craquer, la fille, sous le regard inquisiteur du manipulateur inspecteur Jouvet ?) et son lot de personnages typés absolutely vintage. Du suspense, bah, il n'y en a guère dans cette historiette putassière montée par Jouvet : il pousse l'un de ses hommes (Albert Préjean) à séduire la fameuse fille de nuit (Jany Holt, une blonde qui n'en veut) pour que cette dernière lui avoue la transaction avec le tueur ; ainsi, le mage von Stroheim, sera démasqué... Ouais, ça pousse pas vraiment mamie dans les orties, au niveau machination, et le traquenard tire un peu en longueur (elle va tout avouer pour avoir la conscience tranquille, ah non, pour s'attirer les bonnes grâces de l'Albert qui lui reproche d'avoir couché avec un type tordu comme von Stroheim, ah non pas forcément, etc...). Nonobstant, même si cette trame paraît bien légère, on prend un certain plaisir devant certains dialogues cousus main et face à ces nombreux personnages, qui, tout en cabotinant parfois, nous font doucement marrer.

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Jouvet, ses grands airs, sa grosse voix, se taille la part du lion face à un von Stroheim sûr de lui et polyglotte qui prend pour sa part un malin plaisir à articuler lentement ses réparties. Les deux, face à face, se livrent à un petit numéro de duettiste un brin théâtral mais parfois croustillant. Au niveau du casting féminin, on n'est pas en reste avec la gouailleuse et piquante Jany Holt, la sculpturale Florence Marly (un sacré morceau, cette petite Tchèque...) ou la charmante et effacée assistante de von Stroheim, la tonkinoise Foun-Sen. Un petit peu de charme, cela fait pas de mal, même si aucun de ces personnages féminins n’a un rôle taillé sur mesure pour devenir inoubliablement fatal. On pourrait, pour clore le débat, évoquer ce personnage torturé de Kretz, l'homme de main de von Stroheim, dont les tics et tocs foutent la trouille. Des personnages auxquels on s'attache plus ou moins et qui contrebalancent le manque de rebondissements (une belle chute d'un toit, dommage qu'on la voyait venir de loin). Bref, un petit polar à la française, gentiment honnête.

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