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On continue l'exploration de l'early filmo de la belle Gene : premier constat terrible, si Tierney est placée en second au niveau du générique (et le casting est loin d'être maigre, on y revient), il faut attendre plus de la moitié du film (un scandale, putain) pour qu'on puisse voir son museau... Tout cela pour que son mec la quitte immédiatement pour repartir au Canada ; on la retrouvera sur le fil pour une scène "émotion, émotion" où la belle pleure, pardonne et sourit (ouf). Bref pour les fans de la belle, portion congrue. Heureusement, disais-je, le casting est riche : tout d'abord évoquons notre ami Paul Muni qui nous offre tout du long son petit numéro de trappeur avec un franco-canadien accent remarquable ; le Paul est expressif et sait à loisir donner de la vivacité et de la drôlerie à son personnage : un peu en roue libre mais divertissant. Ensuite, parlons de l'énormissime Laird Cregar (lui aussi mériterait son odyssée - 16 films, c'est jouable) qui enfile également un costume de trappeur, un costume qui lui va comme un gant (et lui donne une allure d'énorme castor tout à fait adapté) : yeux qui roulent, coups de poing et même coup de boule, le Laird y laisse du poil dans ce personnage de bon vieux bourrin. On pourrait enfin noter la présence de John Sutton en jeune premier tout frais, prêt pour l'aventure, et surtout de Vincent Price qui ne fait lui aussi qu'une poignée d'apparitions dans le rôle du roi Charles II mais qui marquent immédiatement par son charisme. Autant le dire, on est servi en caractères bien trempés.

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Bon il va bien falloir évoquer l'histoire et là on risque d'être un peu plus dubitatif... Bah l'histoire en elle vaut ce qu'elle vaut (des trappeurs partent en expédition dans la baie d'Hudson, font le plein en peaux de castor et demandent le soutien du gouvernement britannique pour y établir un comptoir - tiens je bâille), elle oscille sur le fond entre extermination d'une espèce sans qu'Hulot en bouge une et un discours relativement intelligent quant aux autochtones (Paul Muni ne cesse de vouloir protéger les Indiens (humainement et financièrement), on acquiesce forcément devant cette jolie prise de position), la forme étant quant à elle beaucoup plus molle... On pensait voir un grand film d'aventures avec chasse dans la neige, on ne verra pas la queue d'un castor, on pensait découvrir des paysages breathtaking, on ne verra que quelques fonds d'écrans sympathiques, on espérait des fights contre la nature ou contre les Indiens, on assistera surtout à de longues discussions entre Muni et Sutton sur la nature, la tolérance, la vie, quoi (pas inintéressantes, hein, juste un peu longuettes...). On peut donc certes louer une certaine éthique dans la chose (le sacrifice d'un blanc pour assurer la paix entre Indiens - très bien), une direction d'acteurs qui laissent de l'espace à chacun, mais on sera, on l'aura compris, un peu moins enthousiaste devant le souffle aventurier du bazar, nom d’un petit caribou. Les fans qui aiment voir la Gene entrouvrir gentiment les lèvres auront droit malgré tout à leurs quelques secondes de béatitude, leur queue de castor en quelque sorte.   

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