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Un petit film de wuxia comme ils disent là-bas, cela faisait longtemps. Aux commandes l'ami Hu, tout juste débarqué à Taiwan. Au programme, une sombre histoire de famille à exterminer mettant face à face le gouvernement corrompu jusqu'à la garde (avec à sa tête un fou furieux d'eunuque interprété par Bai Ying, genre de David Carradine du soleil levant) et des aventuriers (certains ayant des liens de famille indirects avec les condamnés, telle que la bien jolie Hsu Feng : j'ai pas la place ni le temps pour vous faire un arbre généalogique, désolé) au service de la justice, la vraie. Tout ce petit monde se retrouve dans une auberge bondée jusqu'à ras bord où les coups bas (empoisonner le vin local, quelle misère, même s'il est dégueulasse à la base), les coups de sabre, les coups de poignards voire les flèches, pleuvent. Si des personnages ne cessent de se greffer tout au long de récit et si les figurants se multiplient en route par cent, c'est pour rendre les fights de plus en plus forts. Jusqu'au combat final où notre gars Bai, le méchant de service, va se retrouver confronté seul comme un homme, face aux héros (le combat semble affreusement déséquilibré mais notre homme est fourbe et a plus d'un tour dans sa perruque jaune). Parmi les héros, deux Tatars, autant dire que ce sera saignant, pour ne pas dire cru.

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Si le récit semble parfois un peu inutilement complexe (on apprend les identités des personnages avec un certain retard - on comprend tout de même très rapidement, dans cette histoire clairement manichéenne, qui est du bon côté et qui ne l'est pas), avouons que l'on apprécie dès le départ ces mouvements de caméra particulièrement soignés (inside or outside the inn, les travellings sont parfaits), ce montage aux petits oignons et cette indéniable science du cadre. Hu fignole chaque séquence pour que celle-ci séduise tranquillement les mirettes. Après, certes, il prend parfois tout son temps pour nous servir des scènes d'actions (avec des chorégraphies à la fois crédibles et efficaces - il y a bien un ou deux trampolines cachés dans le décor ou une deux personnes attachées à des lianes invisibles mais il sait en user avec parcimonie) mais cela permet aux personnages de s’installer dans leur rôle. Hu n'hésite point à saupoudrer son film avec une pointe de comédie (un peu à froid) relativement bienvenue : les fourbes en sont les premières victimes, leurs attaques « cachées » se retournant souvent contre eux-mêmes (c'est bêta de se retrouver transpercé par la propre flèche qu'on vient de tirer…) ; ainsi, souvent, les "gentils" semblent plus décimer les ennemis par auto-défense que par véritable volonté purement agressive. On peut rester un brin sur sa faim devant le personnage féminin guère exploitée (pas le temps pour la ritournelle) ou face aux dialogues un peu basiques (avant une nouvelle traduction sûrement moins approximative dans la collection, la collection ? eh vous n'avez qu'à suivre - et je ne parle pas de l'image qui a besoin d'un petit coup de fraûcheur...). L'ultime combat où notre tornade blonde montre des capacités terribles de farouche combattant (ils lui font pourtant le coup retors du "tourniquet" durant lequel plus d'un a laissé sa peau) est une vraie pièce de résistance au niveau "combat", avec là encore un souci dans l'efficacité mêlée à une certaine sobriété dans les coups portés (aucun membre vole, sauf, of course, sur le fil, une tête). Soigné techniquement autour de personnages avec une réelle densité, ce Dragon Inn demeure un morceau de choix dans le genre. Un solide classique sans gras (ni folie).

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