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Continuons de feuilleter d'un doigt léger la filmo de notre chère Gene Tierney. Oui, on ne s'attend pas à découvrir que des chefs-d’œuvre, loin de là... Ce Rings on her Finger, sympathique petite comédie sentimentale sur fond d'arnaque, est à mettre dans les films "moyens" de la gente dame... Elle forme ici un duo avec l'excellent Henry Fonda, peut-être pas l'acteur le plus sexy ou le plus comique dans son genre, mais ce duo tient la route (moyen, quoi) ; au niveau de la comédie, on apprécie la présence du génial et ventripotent Laird Cregar qui nous gratifie ici notamment de quelques entrechats, entre deux buissons, assez craquants... On pourrait aussi sourire (en pensant forcément à la saison 3 de Twin Peaks) devant ce long épisode durant lequel Fonda ne cesse de gagner de la thune en actionnant les uns après les autres les bandits manchots (une stratégie de la chtite Gene, qui veut lui filer en douce 15.000 dollars - elle est de mèche avec le patron du casino). Eh oui, parce qu'il y a une intrigue aussi : un couple d'arnaqueurs professionnels (Cregar et sa moitié, Spring Byington) prennent la charmante Gene (petite vendeuse) sous leurs ailes ; elle servira d'appât auprès de millionnaires : ils pourront ainsi refourguer à ces jeunes naïfs hypnotisés par la belle des trucs qui ne leur appartiennent pas (un yacht, par exemple, en l'absence des proprio) voire tenter le jackpot en mariant la Gene (oui, c'est petit). Forcément notre Gene (en maillot de bain, elle déchire quand même... Notons, en passant, le petit passage "métaphore filée" entre Gene et un bateau : on oublie vite le yacht devant la posture délicieusement alanguie de la belle) tombe amoureuse de l'un de ses premiers clients... qui se révèle n’avoir en fait pas le moindre sous de côté (le bon et tendre Henry). Bref, l'amour peut-il triompher de l'argent ? J'ai envie de dire non mais oui.

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On attendait de Mamoulian (bien qu'on ne le connaisse pas personnellement) un peu plus de rythme, un peu plus d'action, un peu plus d'humour... Tierney s'en tire assez bien dans le rôle de cette jeune femme bonne comme du bon pain, qui se sait attractive, mais qui sait aussi se dévouer corps et âme pour son homme... Ils forment un gentil petit couple comme disait ma grand-mère, dans un monde de bruts (l'impitoyable Cregar). Tierney tente de rattraper comme elle le peut ce qu'elle a fait subir à Fonda : remboursement de l'argent qu'elle a détourné, tentative de fuite devant le détective embauché par Fonda pour retrouver les arnaqueurs (séquence un peu poussive et longuette sur la fin), craquage devant Cregar pour ne pas blesser Fonda (pas facile de résister à sa beauté… alors en plus quand elle pleure, effondrée sur un canap... elle est simplement irrésistible et Cregar laissera Fonda tranquille). Oui, ça manque cruellement de temps forts (un final aussi crédible qu’une politique de gauche de Macron mais on tiendra notre happy end), de punch et de punchlines mais on regarde tout de même la chose avec une petite nostalgie pour ces films sucrés des forties et la beauté radieuse de notre Gene internationale. Moyen, hein, mais regardable grâce au couple star et à la présence de Cregar – on tient au moins une rime. 

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