vlcsnap-error313

Pour s'imprégner de l'odeur de lavande et du bruit des cigales de Marseille, rien de mieux que ce deuxième long-métrage du gars Guédiguian dont on avait pu voir un extrait dans La Villa. On prenait déjà les mêmes avant de recommencer : Daroussin dit Dada (gentillet et naïf) s'occupe d'une villa avec un vaste jardin... C'est là qu'il jouait, enfant, avec les gamins du quartier. Des années plus tard (on s'était dit rdv...), trois d'entre eux viennent le retrouver : Meylan dit Gitan (alcoolo et clodo), Pierre Banderet dit Pierrot (écrivain raté) et la touteu jeuneu Ariane Ascardie dite Marie (elle était pas si mal la bougresse quand elle était... Tait-toi petit con). Retrouver, une fois devenu une belle bande d’adultes déprimés, le temps de sa jeunesse, de l'insouciance, de la complicité, blabla... Nos amis tentent de faire les pitres comme à la bonneu époqueu, les trois tournent autour d'une Ariane qui a perdu en passion (elle gagne sa vie en prêtant son corps, dira-t'on poliment) mais rapidement une petite chape de plomb vient s’immiscer au-dessus du jardin... Meylan picole, Daroussin rêve, l'écrivain copie et Ariane n'ose plus s'envoyer en l'air (oui, bon)... Le final aura comme un arrière-goût de déprime ou de simple rêve profond teinté de nostalgie.

vlcsnap-error181

On a, depuis, appris à connaître ce cinéaste et sa petite bande... Si ça fait plaisir de les voir dans leur prime jeunesse, encore tout frais, tout frais, on ne peut s'empêcher de tiquer parfois devant des dialogues un peu trop écrits qui passent mal en bouche, des positions terriblement statiques comme si la caméra était enracinée dans le jardin ou encore un jeu un brin approximatif (Meylan, hein, pas toujours super à l'aise, je dirais... Même ma vieille branche Darousse semble avoir un peu de mal à lâcher le frein...). On retrouve tout de même un petit sourire complice quand nos quatre adultes jouent aux quatre gamins qu'ils furent (donner des coups de pied dans les poubelles, sonner chez la vieille voisine, se jeter ahaha à l'eau, bloquer une voie de circulation...) mais on reste malgré tout un peu en dedans devant des dialogues souvent un peu pauvres et un entrain qui va en diminuant... Que nos personnages soient gagnés par un semblant de déprime, pourquoi pas, mais c'est tout le film, un rien mollasson, qui semble aller en se ternissant. Nos quat'z'amis passent, en peu de temps, de l'insouciance du passé, au présent un rien chienlitesque et le film perd de son attrait. Quelques jolis petits moments demeurent quand nos trois hommes font la cour à une Ascaride chafouine mais cela manque toujours un peu d'allant et de panache pour nous enivrer (pendant que Meylan enquille, lui, le salopiot). Un film des débuts, frais, mais un peu fugace...

vlcsnap-error591