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Très bonne petite œuvre pré-code signée du gars Rowland Brown crédité sur seulement trois films (oui, j'en ai un autre, forcément, sous le coude, vous savez qu'on ne laisse ici rien au hasard - ou si peu). Emmené par mon bon vieux pépère George Bancroft (une gueule, surtout avec sa petite moustache d'enfoiré, à défaut de faire preuve d'une palette de jeu impressionnante), ce film est assez tortin dans ses ramifications. Pour faire simple, disons que le Bancroft, bien établi comme « garant de caution », a un pied dans le milieu, un pied dans la politique et un pied chez les flics - ce qui fait trois pieds tout de même. Il est lié à une certaine Ruby (Judith Anderson, un physique à part), patronne d'une boîte réputée et aide fréquemment le frère de celle-ci, Chick Chandler as Drury, un malfrat, à sortir de la panade... La trublionne de l'histoire est incarnée par l'excellente Frances Dee as Elaine Talbart qui va foutre un bordel pas possible... Bancroft tombe amoureux de cette fille à papa qui va craquer pour Drury et emmerder tout le monde en détournant de l'argent... (ellipse)… Drury se retrouve chez les flics, Ruby demande au milieu de casser les jambes à Bancroft en pensant qu'il est responsable de cette arrestation, Bancroft fait appel aux flics pour emmerder le milieu qui décide alors de flinguer Bancroft à l'aide d'une boule de billard (il en est friand) bourrée d'explosifs (merci Buster Keaton)... Voyez. Tout cela à cause de la capricieuse et sado-maso (je pèse mes mots, la toute dernière scène est éloquente en cela) Elaine Talbart. Bref, un beau foutoir.

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Des gifles qui volent (c'est mal), des embrassades passionnées, des trahisons et des revanches à la pelle, des magouilles politico-mafieuses, des gambettes satinées... On a notre petit lot d'actions, de rebondissements, de romance et de suspense, le tout concentré en un peu plus d'une heure. Si le personnage interprété par Bancroft fait figure de bon gros malin qui s'amourache de la mauvaise fille (un mâle lambda en quelque sorte), Frances Dee, habituée aux rôles beaucoup plus sages, joue un personnage diabolique des plus originaux et des plus intéressants. Kleptomane de nature, elle ne cherche que les emmerdes et les types à emmerdes. Rapidement fatiguée par ce bon vieux George qui la colle, elle jette son dévolu sur Drury, petite crapule sans vergogne... Elle ne se contente malheureusement pas de trahir Bancroft sentimentalement : en dissimulant l'argent que lui a confié Drury, elle va mettre une pagaille monumentale à tous les étages, Drury et Ruby pensant que Bancroft les a trahis par jalousie... Les règlements de compte fusent jusqu'à ce final trépidant où Ruby, après avoir accusé Bancroft (et signé son arrêt de mort auprès de la pègre) va tenter de lui sauver la vie (sa bagnole roule comme une déglinguée à travers la ville pendant que Bancroft joue une (ultime ?) petite partie billard pépère et potentiellement mortelle). Du rythme, des personnages denses, des sursauts de violence, on achève la chose en se disant que ce Blood Money porte bien son titre, et surtout en étant tout content d'avoir découvert cette petite chose qui ne payait pas vraiment de mine sur le papier. Rendez-vous est pris avec Rowland Brown pour Hell's Highway !

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