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Pas mal du tout ce petit film muet qui célèbre joliment, sur la fin, et ce dans un silence de mort, le dernier des Mohicans - le gars Uncas. On pense qu'il sera question de combats entre Indiens et Européens, ou plutôt de combats entre bons Anglais et sales Français avec des Indiens au milieu mais on a tout faux. On est en effet surpris de constater que l'histoire se concentre surtout sur deux jeunes femmes que l’on découvre flirtouillant au Fort Edward (la brune et charismatique Barbara Bedford as Cora et son regard noir charbon et la blonde, sa jeune soeur, Lillian Hall as Alice). Alors que les Français menacent d'attaquer les Anglais, des soldats anglais du Fort Edward sont envoyés au Fort William Henry tenu par le père des deux jeunes femmes. Celles-ci, au lieu de voyager avec le gros de la troupe, prennent un raccourci (on sent déjà venir le bug...) accompagnées par un Indien, un certain Manga... Drôle d'idée au demeurant, d'autant que ce dernier se révèlera aussi fidèle qu'un cadre des Républicains. Il va ainsi s'allier avec les fameux Hurons pour kidnapper les deux jeunes femmes... On est loin d'être au bout de nos aventures : les deux jeunes femmes sont libérées grâce, notamment, au gars Uncas (qui en pince pour la brune qui fantasme elle-même sur lui, soyons franc), arrivent enfin à bon Fort (William Henry) mais seront à nouveau attaquées par les Hurons (parfois gais et souvent joyeux, notamment quand ils ont bu) et à nouveau kidnappées par ce fourbe de Manga. Uncas tentera une nouvelle fois d'intervenir pour éviter une fin tragique à la belle Cora. Tragique, la fin sera malgré tout, puisqu'il s'agit bien du dernier des Mohicans. Le dernier, pour sûr, mais sûrement aussi l'un des plus braves. Bien.

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On aime beaucoup ce petit jeu de Cora avec Uncas, les regards protecteurs qu'il pose sur elle, les regards enamourés presque malgré elle qu'elle pose sur lui. Ils se retrouvent embarqués dans un sens dans un petit jeu du chat et de la souris qui donne tout le peps de cette histoire. Bon niveau "aventures", on est servi (nos deux jeunes femmes prises dans la tempête (et s'abritant sous un parapluie de fortune) alors qu'elles se sont engagées dans ce raccourci qu'elles ne trouveront jamais ; l'attaque du gars Manga dans la grotte où les deux jeunes femmes ont trouvé refuge ; le saccage des Hurons, enivrés par ces salopiots de Français, qui détruisent tout sur leur passage et respectent rien (très joli plan sur nos deux jeunes femmes capturées à nouveau par Manga alors qu'autour d'elles la violence bat son plein)) mais c'est surtout le final qui finit par nous couper le sifflet... La fougueuse Cora parvient à échapper à son kidnappeur et trouve "refuge" tout en haut d'une falaise (impressionnante image vue de loin) : s'il s'approche, c'est bien simple, elle saute... Uncas, pendant ce temps, est sur leur piste, c'est normal, c'est un Mohican. Cora et Manga s'observent de longues heures : le premier qui dort a perdu... Uncas s'approche peu à peu de la Belle et de la Bête et on pense se diriger tout droit vers un happy end. La fin sera tendue, surprenante, violente et... tragique. Les dernières images (spoiler nom de Dieu, rebroussez chemin) qui rendent hommage à Cora (six pieds sous terre) et Uncas (six pieds au-dessus de la terre, rite local) sont assez saisissantes et laissent tout morose devant ce récit qui fait la part belle à cette troublante liaison. Bien joli film où Brown prit la suite de Maurice Tourneur (tombé malade) et dirigea plus de la moitié de cette œuvre - une oeuvre parfaitement restaurée et colorée à redécouvrir.

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