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Un bon vieux petit Griffith des familles qui nous montre le cercle infernal de la vengeance. Des soldats attaquent un village indien qui semblait bien paisible jusque-là et ne demandant rien à personne, tuant femmes et enfants... Les Iindiens, qui ont plus d'une plume à leur chapeau, vont à leur tour chercher à se venger en attaquant un convoi de civils en partance pour le grand west - femmes et enfants se trouvent à leur tour terrorisés alors que la bataille fait rage... Un massacre conduisant à un autre massacre en quelque sorte, le titre laissant subtilement le doute entre les deux... On pourrait en parallèle évoquer le fait que, dans la séquence d'ouverture, deux hommes proposent le mariage à la même femme ; elle en choisit un et l'homme éconduit dégaine pour flinguer l'élu... avant finalement de se raviser : une sage décision qui permet à chacun de vivre en paix ; morale (s'il faut en trouver une) dommage que les soldats ne fassent pas preuve de la même intelligence en laissant ce territoire déjà pris...

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Si les séquences d'ouverture sont un peu plan-plan, on en a beaucoup plus pour notre argent lors des combats. Choisissant de filmer ces divers combats en grande partie en plan large, on assiste à de multiples pétarades entre ces petits insectes qui se chamaillent un bout de terrain. Des plans serrés de Griffith sur les affrontements, on en retiendra deux : cette image terrible d'une femme indienne et de son enfant, à terre, inertes, fauchés en pleine bagarre, puis celle de cette femme blanche et de son bébé horrifiés durant l'attaque revanche : ils sont cachés derrière les tireurs et la terreur est à son comble. Bien aimé aussi cette mise en scène un peu facile mais sympathique d'un loup sur la colline chassé par un ours : cet ours quitte le champ à son tour, remplacé par un Indien (en peau d'ours) qui lorgne sur la meute du convoi qui passe en contrebas - de la bonne vieille métaphore de base (l'homme est un loup (ou un ours) pour l'homme, pour faire court) mais qui fait son petit effet tant l'on est surpris de voir ces deux animaux sauvages dans le même cadre (cela m'a fait penser (même si cela n'a rien à voir dans le fond) à l'entrée inopportune du renard dans le champ dans Grizzly Man - juste pour raviver, en passant et pour le fun, THE polémique qui a fait la gloire de Shangols). The Massacre nous donne son lot d'images chocs et de plans originaux, tout en démontrant que les Indiens ne sont pas forcément les premiers sauvages... pas rien en 1912.

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