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On aime bien De Toth et ses petits westerns à hauteur d'hommes, pas forcément ultra spectaculaires (même s'il y a ici quelques belles petites cavalcades à cheval) mais qui font avant tout la part belle aux liens d'amitié, de fidélité, d'honneur. Texas, après la guerre civile. Les Texans, point encore rattachés à l'Union, croulant sous les taxes et les impôts plus ou moins légitimes, se voient spoliés par des petits investisseurs de l'est. Ils ont leur Robin des Bois en la personne de Ben Westman (Charles McGraw) qui vient s'attaquer à ces profiteurs quand les troupes de soldats ont le dos tourné. Ils ont leur propre "défenseur" au sein de ses soldats, un certain Captain David Porter (Randolph Scott, ce héros au sourire si doux), texan d'origine, qui ne montre point trop de zèle pour s'attaquer aux hommes de Ben... Seulement voilà, la situation se tend lorsqu'un investisseur, Balfour, demande plus de protection à l'armée : le responsable de l'armée demande à son tour à Porter de capturer coûte que coûte le gars Ben et lui adjoint un jeune type zélé (Lex Barker, dit Sexy Lexy pour les intimes (Lana Turner à l'époque, pas rien) avec son physique à la Baldwin, interprète ce jeune con au regard perçant nommé Bill Hodges) pour venir à bout de sa mission... Histoire de sang et d'amitié au-delà des rangs (les regards qu'échangent Scott et McGraw sont crypto-gays - ou c'est moi...), histoire de trahison et d'opportunisme (Lex drague la compagne de Scott et se dit prêt à abattre McGraw à la moindre occase, l’enculé), histoire de justice et d'honneur (McGraw se retrouve accusé d'un meurtre qu'il n'a jamais commis).

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Comment ne pas trahir les siens (l'armée, son rang, ses responsabilités) pour faire triompher la vérité (plus incarnée par le gentil bandit de grand chemin Westman que par cet investisseur capitaliste de Balfour - Mélenchon jouit et écrirait vingt pages sur le sujet) ? C'est le grand dilemme de Scott qui doit en plus gérer une vie de famille guère passionnante (c'est pas la fête du slip, le Texas, bon). Il se doit d'appréhender le gars Ben en douceur, tout en devant lui promettre un procès dans les formes... Pas facile quand on connaît l'impatience de l'armée et les manières fourbes des capitalistes. De Toth se donne du temps pour nous présenter ses personnages : Scott au grand coeur, Westman lié à ses hommes et son idéal, Balfour-be, Elisha Cook Jr (il aura son odyssée pour lui tout seul, un jour) dans le rôle d'un petit connard des impôts pas plus courageux qu'une ablette, Sexy Lexy et ses manières directes et bourrines ; le cinéaste en prend tout autant pour développer de longues séquences (Scott et McGraw jouant au chat et à la souris dans la pampa, Scott pourchassé dans sa propre ville après avoir pactisé avec l'ennemi) qui, à défaut d'entretenir un suspense insoutenable, donnent quelques jolis moment tendus. On reste plus, au niveau de l'ambiance, au niveau de la plaine que dans le bruit et la fureur de l'orage (admettons-le) mais il y a tout de même un certain intérêt à voir comment le "traître" Porter du titre français va parvenir à recoller tous les morceaux en en sortant vivant (va-t-on virer vers le film noir où l’individu est sacrifié ou vers un happy end de réconciliation nationale ?)... Scott-Porter risque son taff, sa vie de famille, sa vie même, uniquement pour faire éclore la Vérité - c'est une position risquée, guère enviable, mais qui convient à merveille au sage Scott. Bon petit western d'hommes entre eux, solidement construit, plein comme un œuf de bonnes vieilles valeurs, mais devant lequel nous ne nous pâmerons, hein, pas plus que cela... En bonus, of course, les regards toujours hallucinés de la bonne poire Elisha qui trouve encore ici un rôle de couillon de base taillé sur mesure.

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