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Hasard de ma programmation hasardeuse, voilà que surgit un Otto Preminger alors même que l'on en parlait il y a peu dans les commentaires. J'adore Preminger, le casting est mirobolant, le noir et blanc scopé magnifique, les batailles avec les petites maquettes de bateaux bluffantes et pourtant, et pourtant... J'ai trouvé cela, allez, solide, carré, propre, mais aussi longuet et pour tout dire, un peu plat... Ces discussions à n'en plus finir entre petits soldats de la Navy couillus ou entre ces hommes en blanc et leurs compagnes si attachées à défaut d'être toutes attachantes a eu une certaine tendance à m'hypnotiser, ou, autrement dit : oups j'ai sommeillé cinq minutes, reprenons en arrière… et voilà comment un film de 2h45 finit par faire pas loin de 4 heures... Parmi les seules petites choses, ai-je l'impression, comme cela, presque à brûle pourpoint, qui me resteront, il y a cette scène d'ouverture avec cette bitch de Barbara Bouchet qui se donne en spectacle sous les yeux ébahis de tous les officiers (une sorte de pole dance avant l'heure du meilleur effet) - elle fait la maline en trompant son mari, Kirk Douglas, parti en exercice : elle tombera dans la ravine dès le lendemain, sa voiture prenant feu lors d'un accident alors que les bombes japs pleuvent sur Pearl Harbor - ; et puis, autre séquence marquante, il y a cette scène troublante avec #balancetonkirk : ce dernier, encore sous le coup de l'émotion bien-que-cela-ne-justifie-rien (et de l’abus d’alcool : il ne se remet pas de la perte de sa femme), va violer une chtite infirmière, là, sur la plage, alors que celle-ci lui dit clairement non non non ; le viol reste hors-champs mais on devine à la tronche du Kirk que ce dernier est un grand malade... Il tentera de se « rattraper » lors d'une mission suicide qui s'avèrera, l'honneur de la marine est sauve, effectivement suicidaire. Voilà pour les séquences un peu border line de l'affaire.

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Pour le reste, c'est plus classique que classique : John Wayne en éternel héros qui impose sa griffe malgré le ticage de ses supérieurs - John dit the Rock (restons modeste) a toujours raison. Il dragouille une infirmière entre deux âges (Patricia Neal et sa voix de crécelle) et c'est encore tout à son honneur, à 58 ans, de sortir avec une femme qui n'a que 20 ans de moins que lui (voilà, voilà) ; on pourrait noter parmi les jeunes pousses la présence de Brandon De Wilde, ici dans le rôle du fils de John, qui apporte sa gentille petite innocence dans ce récit de durs à cuire ; ou encore celle de deux vieux de la vieille en figurants de luxe, Franchot Tone et Henry Fonda. Bref, un casting sérieux comme un pape tout comme cette histoire de sacrifice, cette mission menée par un Wayne héroïque qui va faire crever tous ses hommes pour la bonne cause - on comprend que cette défaite navale des Japs pèsera lourd dans la suite de la guerre... Vous comprendrez, ou alors lisez entre les lignes, une certaine frustration chez votre chroniqueur qui a trouvé cette copie superbement propre mais guère plus excitante que cela... Un peu à l'image de cet espion ricain qui s'infiltre dans le camp des Japs (ah tiens, enfin des êtres humains)... uniquement pour faire plus tard son petit rapport (le figurant Jap doit coûter cher) ; on le remplacera lors du combat final par des petites maquettes en aquarium et cela ajoute encore un petit peu de froideur et de distance à la chose. Au final, un Preminger impressionnant de maîtrise mais qui oublie sans doute au passage de nous faire vibrer... Déçu de ressentir cette impression tant je suis fan de l'Otto...

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