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Il se passe définitivement un truc bizarre avec Claire Denis : soit j'adhère en bloc dès la première seconde à ses "proposition de mise en scène" (Vendredi soir, White material...), soit le film m'exaspère dès les premiers instants (Trouble every day...). C'est malheureusement le cas pour cette œuvre. Co-écrit par Christine Angot et Claire Denis, ce récit raconte les mésaventures amoureuses d'une femme entre deux âges interprétée par la fée Binoche. Autant de raison, a priori, pour que je marche dans la chose mais malheureusement dès les premières rencontres faites par ladite Juliette (un bon vieux gros connard de banquier interprété par Beauvois, un acteur taiseux et timide joué par Duvauchelle...), je tiquai... Des dialogues qui sortent mal, des acteurs immobiles comme accrochés à leur texte, l'alchimie, pour moi, ne prît point... Pourtant Dieu sait que j'aime Binoche mais je ne sais pas, je l'ai sentie, pour une fois, mal à l'aise avec ce texte... Trop de points de suspension, des échanges parfois tellement banals qu'ils en paraissent creux... Peut-être ai-je un problème tout simple avec les mots d'Angot ? Le fait est que je ne suis pas rentré dedans... Alors, oui, certes, le fait que le film ne soit pas d'une gaieté folle (quelques secondes d'embellie amoureuse pour des soufflets qui retombent souvent derechef... Heureusement la belle Juliette s'accroche, veut continuer d'y croire...) n'aide pas forcément. La plupart des types rencontrés par Binoche ne sont pas vraiment jouasses à la base (Philippe Katerine en bourgeois grand crin (je n'y ai pas cru une seconde, désolé), un galeriste sérieux comme un pape (Bruno Podalydès), un type sorti tout droit d'un film de Franju (Paul Blain, mutique), Gérard Depardieu en Madame Irma...) : c'est vrai que cela n'aide pas à chercher au sein du bazar une bouée de sauvetage humaine... Mais cela n'empêchait pas la chose, tous ces personnages un peu ratés en quelque sorte, d'être ratée... Et ce d'autant, ajouta-t-il, que Binoche tente malgré tout d'apporter toujours, entre deux larmes, un petit sourire en coin ou une petite réflexion légère... Bref...

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Nonobstant, même en cherchant les bons côtés de la chose, les angles de vue originaux (Binoche jouissant avec le banquier parce c'est un salaud, Binoche toujours partante avec les hommes qui lui ressemblent a priori le moins...), ce film m'a paru d'une pesanteur terrible... La fin avec Depardieu à la limite de l'insoutenable... Même si les acteurs tentent de faire leur petit numéro avec un certain professionnalisme (que je n'y sois pas sensible, à la limite, tout le monde s'en fout), il me reste la terrible impression d'avoir assisté à une sorte de livre filmé sans grande originalité, sans étincelle, et surtout sans guère de grâce cinématographique (Sorry Juliette malgré tous les efforts de look et de maquillage...). Bref, une œuvre de Denis à laquelle je suis resté terriblement extérieur, comme si tout le monde surjouait... Hum.

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