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Calamiteux. On pouvait s'attendre, sur le papier, avec le duo Peck-Hathaway, à du solide western des familles, réalisé au cordeau, joué en finesse ; eh bien c'est tout le contraire. On ne compte plus les maladresses, d'un côté et de l'autre, qui enfoncent peu à peu ce film dans la médiocrité. Shoot out est un film qui se cherche et qui met 1h30 à se chercher. Hathaway vient du western classique, mais son film sort en 1971, époque où le public réclame plus de réalisme, plus de violence, des acteurs plus intérieurs. Et le gars n'est pas à la hauteur de la chose, produisant un truc à cheval entre les deux, et qui du coup cherche son style et sa direction d'acteurs sans jamais rien trouver. Premier gros défaut : le scénario. On croit qu'on est embarqué dans une bonne vieille histoire de vengeance avec ce cow-boy solitaire décidé à faire payer ses 7 années de prison à son ex-complice braqueur, mais très vite on passe à autre chose, avec ce même cow-boy qui croise la route de sa supposée fille, une enfant capricieuse et dégourdie à laquelle il s'attache comme un bon vieux John Wayne sentimental. Le duo entre les deux ne donne rien à l'écran, peut-être parce que la petite Dawn Lyn est excécrable, mais sûrement aussi parce que cette histoire un peu fleur bleue ne colle pas avec l'ensemble du film. Ce couple hasardeux est suivi par trois marlous censés les surveliler pour le compte du fameux ex-complice, mais là aussi ça bute sur le jeu impossible du méchant en chef : Robert F. Lyons, trop comique, trop ridicule, use d'un jeu actor's studio complètement anachronique, et ne fait jamais peur ; et ce magré une scène qui se voudrait tendue comme un slip, où il s'amuse à dégommer des tasses posées sur la tête de la petite. On se dit que n'importe quel cow-boy de base lui ferait sa fête en moins de deux, ce que Peck met 90 minutes à faire. Ricanant, éructant, vulgaire comme dans un western italien, il ne correspond pas au style que Hathaway voudrait donner à sa production, mélange de film d'aventures et de drame sentimental. Enfin, Peck est en-dessous de tout, vraiment mauvais dans les scènes avec la petite, pas meilleur dans les scènes d'action, où il se montre pataud : les effets de la vieillesse peut-être, mais je mettrais plutôt ça sur le compte de l'alcool et d'un je-m'en-foutisme bien dommageable.

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Pire encore : Hathaway lui-même est pris en flagrant délit de grosse flemme, toujours à côté de la plaque dans sa mise en scène. Cadres sur les paysages qui sont platement exposés, avec des profondeurs de champ laborieusement fabriquées (la scène de capture d'un poulain sauvage, pourtant glamour en diable), montage à la hache, allégeance à une sorte de mode violente et psychologique qui ne lui correspond pas, il rame comme un malade pour boucler ce machin oubliable et presque honteux vue sa filmographie. Rien donc à sauver là-dedans, si ce n'est in extremis un personnage secondaire de femme seule, alcoolique et forte, croisée au détour d'une bobine, seul personnage un peu intéressant sacrifié par un film qui met tout dans sa trame (mauvaise). Out.

Go west, here