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Après le prometteur Bone Tomahawk, voici le prometteur Brawl in Cell Block 99. Eh oui, Zahler n'arrive pas vraiment à décoller, et reste toujours un éternel espoir du film de genre. Son souci réside là aussi dans la première heure, beaucoup trop longue et dénuée d'interêt. Dans la deuxième, le gars se lâche bien, rien à dire, mais il faut se taper cette introduction infinie, qui ne raconte pas grand-chose finalement des tenants et aboutissants du film, pour enfin entrer dans le vif du sujet. Pendant ce préambule, donc, on fait la connaissance de Bradley. Sans nous expliquer exactement son passé, on nous fait comprendre que le gars n'est pas un enfant de choeur, qu'il sort de tôle, mais qu'il a décidé de se refaire en devenant honnête et droit. La journée qui commence le film est pourtant pour lui une sort de catastrophe : il perd son job et apprend que sa femme le trompe. Il passe ses nerfs, lors d'une scène tout de même assez marrante, sur la voiture familiale, mais garde son calme, c'est son destin. Bien vite, son passé le rattrappe et il accepte un petit trafic qui va le mener jusqu'au crime. On ne comprend pas grand-chose à la scène de fusillade sur le port qui le mène à sa perte, mais on note que Zahler met son point d'honneur à filmer ça très platement, sans affect, se contentant de regarder son personnage se noyer dans l'indifférence de l'un et de l'autre ; et cette absence d'émotions, si elle crée indéniablement une atmosphère, peine à convaincre. Elle donne l'impression que le cinéaste est au-dessus de son personnage, complice un peu sadique de ce destin fermé part tous les bouts, assez complaisant dans la somme d'épreuve qu'il met sur son chemin. Elle freine à mort le film aussi, et au bout d'une heure on ne demande qu'une chose : que ça charcle.

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Ca va charcler, c'est vrai, malgré des effets spéciaux gore à 2 euros 20. En prison, notre compère se voit victime d'un odieux chantage impossible, et va être forcé de sortir de ses gonds et de déclencher une vague de violence pour parvenir à ses fins. C'est la partie "Winding Refn" du film, une spirale de gore qui ne s'arrête jamais, où toute psychologie et tout ce qu'on avait compris de la première partie sont oubliés pour ne se livrer qu'à la joie du carnage pour le carnage. Les têtes (en carton) explosent, le (faux) sang gicle, les coups de masse dans la gueule s'enchaînent sans un spectacle, reconnaissons-le, assez fun si vous aimez les décapitations à mains nues. Les acteurs chair à canon mis sur le chemin de Bradley sont parfaitement torves et ricanants, on jubile de les voir terrassés, et on se laisse aller au simple spectacle de (grand-)guignol que Zahler nous assène dans un montage plutôt habile et original (des plans relativement longs par exemple). C'est résolument crétin, complètement privé de fond, joliment putassier et assez honteux, mais jubilatoire comme un Tarantino, en plus cheap cependant. Vince Vaughn, dans un rôle inexistant, est pas mal du tout en ce qu'il trouve quand même des choses à faire, avec la lègère ironie qu'il met dans tout ça. On ressort du truc un peu lessivé, balancé entre le morne ennui du début et les excès de la fin, avec l'impression d'avoir vu deux films pour le prix d'un, qui n'ont pas grand-chose à faire l'un avec l'autre.

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