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Un dessin très sobre pour une histoire sans bruit ni fureur autour de l'un des événements les plus affreux du siècle dernier : les bombardements des alentours d'Hiroshima avant le flash cinglant de la fameuse bombe. On suit le destin d'une jeune et frêle jeune fille, Suzu, qui quitte soudainement sa famille pour aller s'installer chez son futur mari. On suit son quotidien en temps de guerre dans cette petite maison perchée sur la colline entre ses beaux-parents, sa belle-soeur et la fille d'icelle, et son très jeune mari engagé dans la Marine. Chaque scène est une sorte de petite vignette mettant en scène des gestes simples (faire à manger avec deux sardines et trois racines, coudre un nouveau vêtement...), où se font parfois entendre de simples rires, où l'on perçoit parfois de légères tensions qui ne durent jamais... Suzu est appliquée, sage, docile, toujours prête à rendre service, jamais la première pour se plaindre. Dit comme cela, cela pourrait sonner comme un peu mou mais on se laisse gentiment bercer par cette douceur tranquille, par ce scénario qui ne cherche pas les éclats... Et pourtant des éclats (d'obus surtout) il y aura, tant cette ville à proximité d'un port sera pilonnée. Plus les réserves alimentaires baissent, moins les habitants sont épargnés par toutes sortes de bombes, des traîtres bombes à retardement (le moment le plus déchirant du film, pour le coup) aux bombes incendiaires... Suzu voit tomber les gens dans son entourage les uns après les autres mais tente de garder le cap et la foi.

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Attachant personnage que cette petite fille tout juste sortie de l'adolescence qui prend plaisir à dessiner avec simplicité les acteurs de sa vie et les décors alentours. Sans que l'on sache vraiment si elle est heureuse ou pas (elle se retrouve loin des siens auprès d'un mari pas vraiment expansif...), on apprécie l'humilité et le charme discret de cette petite héroïne jamais à court d’idées. Les personnages en général semblent dessinés d'un simple trait mais parviennent, grâce à ce scénario qui accumule les petits riens, à acquérir une certaine force, un vrai relief. Plus d'ambition est mise dans la peinture des navires de guerre ou des lâchers de bombes comme pour mieux souligner le futur carnage (bateau à l'eau et ville rasée). Katabuchi signe au final un dessin-animé d'une grande délicatesse, une sorte de petite dentelle nippone, sur un sujet éminemment sombre. Joli rayon du pays du soleil levant.

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