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Avec Garrel, j'ai toujours été soit emballé soit consterné. Mais je n'avais jamais été indifférent. C'est chose faite avec cet Amant d'un Jour qui a la consistance d'une chanson de Jean-Louis Aubert, c'est aussi grave et aussi léger. Ça tombe bien, c'est lui qui pose ses notes de piano hésitantes sur cette histoire très plate. Un prof et sa jeune élève ont une liaison, mais débarque la fille du prof, jeune fille qui a le même âge que sa maîtresse. Elle est chafouine parce que son fiancé l'a virée (ouais, mon oeil, c'est elle qui est partie, mais "il faut jamais dire à une femme qu'on va la quitter, parce qu'elle finit par partir", mouais). Elle s'installe alors avec ses Kleenex dans l'intimité de ce couple, sympathise avec l'étudiante peu farouche, et finit par se livrer à un ballet d'amants par son intermédiaire (elle appelle ça "aimer par procuration" et on tique un peu) et par mettre le why dans les petites amours bien tranquilles (en surface) de son père. Garrel s'intéresse inlassablement et éternellement aux mêmes choses, on le voit : les peines de coeur, les couples qui s'aiment mais c'est super dur, les tromperies et les jalousies, l'impossibilité pour les hommes de comprendre les femmes et l'incapacité de celles-ci à s'empêcher de tromper ceux-là. C'est cette fois-ci la psyché féminine qui l'intéresse particulièrement, et en particulier celle des jeunes femmes : Jeanne (Esther Garrel) est l'archétype de l'adolescente instable, sourire béat un jour, une jambe par-dessus le balcon du 8ème le lendemain ; Ariane (Louise Chevillotte) est une fille d'aujourd'hui qui collectionne les amants, mais veut aussi l'amour et ne voit pas le rapport entre les deux. Bien.

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Le souci, c'est que tout ça est raconté par-dessus la jambe par un Garrel qu'on n'a jamais vu aussi dilettante et relâché. On apprécie que le bougre envisage l'existence autrement que comme un enfer sur cette terre maudite, comme il semblait le penser jusqu'à maintenant, qu'il regarde tout ça plus légèrement, plus à distance, avec même (ô mon Dieu) un petit brin d'humour ça et là. Mais il y a léger et léger : cette histoire complètement inconsistante ne tient à rien du tout, et on se moque un peu de ce qui va arriver à notre pauvre trio, de qui couche avec qui et dans quelle position. Ce pauvre Eric Caravaca, dans un rôle inconsistant en diable, traverse ces 70 minutes un peu perplexe, satisfait de rajouter le nom de Garrel sur son CV, mais aussi assez dubitatif devant ce personnage con-con et ultra-secondaire. Meilleures sont les deux nanas, certes, même filmées comme des déesses sacrées et comme des mystères opaques par papy Garrel, elles arrivent à être modernes et crédibles. Tout ça a des airs très arty (Aubert/Houellebecq pour la scène de danse obligatoire du cinéma français, noir et blanc magnifiquement contrasté, épure du trait) mais c'est pour mieux déguiser la paresse marquante du scénario et l'envie modérée de Garrel de réaliser cette énième variation sur l'énigme féminine.

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 Tout Garrel,

Ce texte fabuleux a été écrit grâce au site Cinetrafic :
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Le DVD est édité par Blaq Out, la date de sortie du DVD est sorti le 17 octobre 2017 et vous pouvez visiter
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