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Voilà un film qui essaie de mêler plutôt habilement l'histoire d'un petit flic (corrompu comme tout le monde mais qui va avoir la tentation de remplir sa mission de façon "professionnelle"), l'Histoire conjoncturelle égyptienne (la révolution de la place Tahrir) et un aspect plus structurelle (la corruption à grande échelle des flics et des hommes de pouvoir) ; notre homme, qui joue au chevalier blanc suite à deux meurtres de jeunes femmes, s'en sortira-t-il vivant ? Et la révolution est-elle capable de mettre à bas ce système pourrissant qui ronge toute l'administration ? Saleh avance à petits pas sur ce terrain miné et livre une morale en demi-teinte qui démontre que certains principes seront plus durs à combattre qu'un simple dirigeant politique.

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On marche donc dans les pas de ce petit inspecteur qui se retrouve malgré lui sur une enquête qui le dépasse un brin ; notre homme n'est pas le dernier "à piquer dans la caisse" (faut bien arrondir les fins de mois), n'est pas d'une probité exemplaire (loin de là) et souffre qui plus est de la comparaison avec la figure paternelle à qui il semble devoir son poste... Un peu maladroit, solitaire (il a perdu sa femme dans un accident), il a tout du petit policier plutôt pathétique ; il va tout de même, à la force du poignet et en prenant son courage à deux mains, faire son trou dans cette enquête qui sent dès le départ le roussi (prostiputes de luxe (l'une d'elle est retrouvée égorgée : le procureur, un brin complaisant, conclut au suicide - mais bien sûr), chantage à tous les étages, implication de personnes du monde des affaires et implication de la sûreté d'état - rien de moins) ; moins il suit les recommandations de son supérieur, plus il met les pieds dans le plat : parfois pour le meilleur (il sert (sans en avoir toujours conscience) les intérêts de personnes haut placées qui "l'encouragent" dans cette voie), mais aussi pour le pire (il met sa propre vie en danger) ; le moins que l'on puisse dire est qu'il nage en eau trouble et se retrouve, comme le spectateur, souvent un peu perdu devant les tenants et les aboutissants de cette affaire (qui finira bien par s'éclaircir...).

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On apprécie la façon dont Saleh nous met au même niveau que son héros et sa capacité à livrer une intrigue complexe qu'il se fait un soin, sur le tard, de nous expliquer. L'aspect "reconstitution historique" est également bien mené (cet épisode effrayant où les hauts gradés tirent à balles réelles sur la foule) et l'on apprécie tout autant sa capacité à nous faire "visiter" Le Caire, des bas-fonds nocturnes (drogue et sexe) aux verdoyants terrains de golf en passant par les bureaux miteux des flics. Après, si on reconnaît le côté honorable de ce polar, on reste un peu plus sceptique devant certains "hasards de l'enquête" ou la façon dont ce petit flicard "joue" au héros (le trait est parfois un peu forcé) ; on suit le récit sans jamais se prendre vraiment la tête (le petit côté gentiment didactique de la chose) et sans jamais vraiment succomber non plus devant l'originalité de la chose (une molle course-poursuite, un maître chanteur qui applique des recette vieille comme Hérode…) et de la mise en scène. Mais bon, disais-je, le tout reste honnête et démontre, avec le bon petit talent d'artisan de Saleh, que certains combats sont loin d'être gagnés dans cet Egypte "moderne" (internet est convoqué plusieurs fois) en pleine "reconstruction" : le fric reste roi pour ne pas dire pharaon.     

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