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Eh vous savez ce que c'est, célibataire depuis quelques temps, un soir de pluie, le corps alangui... Histoire de me taper une br de compléter ma culture dans le cinéma, j'ai envoyé ce film culte dans la fente le tiroir à DVD de mon bazar, et me voilà désormais condamné à commenter un film de boule sur Shangols, encore tout moite des différents fluides qui en sont le résultat. Je veux parler des sueurs froides, entendons-nous bien, parce que, les enfants, on est là face à une oeuvre consternante, un machin fagoté à l'arrache qui ferait honte au pire faiseur du cinéma français des 70's.

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Je suis bien conscient de l'importance du film dans son histoire. Je sais que ce film a démocratisé le porno, l'a fait sortir de son ghetto, l'a rendu presque noble par son ajout de scénario (de... ? j'y reviens) et son humour potache, voire même a participé à sa manière à l'émancipation féminine, ce à quoi ne peuvent pas prétendre beaucoup de films de cul d'aujourd'hui. Tournons nous d'abord vers le scénario, puisque scénario (on a tenté de nous faire croire qu') il y a : une femme n'arrive pas à avoir d'orgasme. C'est pas faute d'essayer, pusiqu'elle trouve même une copine peu farouche prête à convoquer tout ce que le quartier compte de mâles membrés correctement pour tenter de lui faire atteindre la joie par tous les moyens. Elle découvre alors, grâce à un médecin qui a une blouse (et rien dessous), que son clitoris se tiendrait au fond de sa gorge. Il ne lui restera plus dans la dernière demi-heure du métrage qu'à prodiguer des pipes acrobatiques à l'ensemble de la distribution masculine pour enfin trouver l'extase (qui n'apparaît que peu sur son visage crispé par l'effort et par ses talents d'engloutisseuse de sabres). Le film dit donc aux mâles alpha de l'époque : 1/ que le clitoris existe, 2/ que le plaisir féminin existe, et 3/ qu'il n'est pas honteux pour les femmes de vouloir le trouver, quitte à se servir de ces messieurs comme d'outils pour l'obtenir. On apprécie donc ce discours bien dans son époque, qui a peut-être bien, sans vraiment le vouloir sûrement, contribué à faire avancer le schmilblick. La scène de défilé des amants, par exemple, est un joyeux foutoir où les femmes sont les maîtresses du jeu, et le film suivra souvent cette piste : les hommes sont des queues sur pattes, crétines mais efficaces ; les femmes prennent les choses en main (et en bouche et en tout ce qui est possible) pour enfin prendre leur pied, on sent la révolte gronder. Bon, il est vrai que cette petite fronde féministe ne tient pas tout du long, et que la plupart du temps on a tout bonnement la fameuse femme-objet soumise et aux 3/4 violée, le mouvement de piston bête et méchant opéré par ces messieurs hilares, et le modèle bien tranquille de domination masculine classique.

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Et puis de toute façon, mis à part ce fond très légèrement moderne, on est là face à une horreur absolue au niveau formel. Acteurs de Prisunic (Linda Lovelace est mythique mais objectivement laide, surtout dans les scènes de pipe qu'on croirait sorties de Saw), musique libre de droit balancée à la moindre occasion, montage dans les chaussettes (seul élément vestimentaire gardé par ces messieurs la plupart du temps, tiens) qui donne des plans interminables ou des coupes en plein milieu d'une action, on est dans un festival de choses à ne pas faire. Une fois la fameuse idée du clito au fond de la gorge trouvée (lors d'une scène d'auscultation que même Shang aurait jouée mieux), le film se laisse complètement aller, ne suit plus aucune piste scénaristique et redevient un simple porno, pas excitant ni même bien réalisé par ailleurs. Il s'arrête en plein milieu, faute de pellicule peut-être bien, et heureusement car trop de laideur commençait à nous attaquer la rétine. On aurait aimé avoir un truc gentiment libertaire, au minimum pensé au niveau de la mise en scène, un tant soit peu conçu pour l'érection et l'éclate des ménages ; mais on se retrouve la bite en berne tout marri devant ce navet même pas drôle. Deeply naze.