blade4

Un film de SF, suite d'un truc très médiocre des années 80, réalisé par Denis Villeneuve, vous me direz pas que je cherche pas le bâton pour me faire battre. Eh bien voilà, j'ai vu "la splendeur visuelle" du moment, et elle confirme tout le mal que je pense de ce cinéaste hyper-surestimé. Comme dans 99% des cas dans ce genre de production, la science-fiction, le scénario semble avoir été écrit par et pour des collégiens de 5ème, et c'est là que le premier bât blesse : on n'en a strictement rien à battre des mésaventures de ce Blade Runner 2.0, ni de sa découverte d'une âme humaine, ni de son enquête pour retrouver ses parents, ni des mille et un coups durs et des trois mille coups de couteau qu'il reçoit dans sa carcasse. Pas bien compris d'ailleurs,entre des centaines d'autres trucs, s'il est invincible ou pas : il peut recevoir des bombes dans la gueule et s'en tirer sans une égratignure, mais un coup de poing dans le nez le fait saigner abondamment. On sent que Villeneuve et ses scénaristes voudraient bien réaliser une oeuvre métaphysique surpuissante, sur la quête identitaire, sur les racines, sur ce qui nous rattache à l'enfance, tout en produisant une brillante prolongation aux interrogations du film de Ridley Scott : mais l'adolescent geek qui a écrit cette histoire a passé trop de temps devant ses manuels de psychologie pour débutant (chapitre 1 : Freud et le complexe d'Oedipe), entrecoupé de visions masturbatoires de Star Wars, pour être à la hauteur de ces ambitions. Cousue de fil blanc, la tramette est laborieuse. Il faut dire aussi que je ne comprends en général rien à ces histoires futuristes. Comme je me suis bien ennuyé, j'ai relevé le nombre d'absurdités qu'on trouve dans le film, et je suis arrivé à 45532 (mais c'est quoi, ce décor de spa pas pratique du tout où on retient Harrison Ford prisonnier ? ça aurait pas été plus simple de le mettre dans une prison ?)

297782

Voici donc notre Ryan Gosling (2 expressions au compteur : à peine vivant et presque mort) qui traverse pendant 2h40 les déserts poussiéreux d'un décor futuriste, à la recherche de son moi profond. Guidé par un rêve dans lequel il joue avec un cheval de bois (oui, je sais...), il est persuadé qu'il peut dépasser son statut de "réplicant", qu'il est fait d'autre chose que de programmes informatiques, et qu'il est doté d'une âme. Ça le conduira jusqu'à la rencontre avec Ford, dans une copie de son rôle d'il y a 40 ans. Villeneuve, obnubilé par l'habillage de son film, oublie complètement de diriger sa petite bande, et leur laisse les clés de la bagnole. Il a bien tort : les acteurs sont nuls. Entre Gosling, dirigé vers une sorte de tristesse intrinsèque qui finit au bout de 10 mn par donner l'envie de lui foutre des mandales pour le réveiller, et sa gorette synthétique, qui montre que, malgré les progrès techniques, on n'arrivera pas à fabriquer des acteurs dans le futur, sans parler des deux-trois méchants ricanants qu'on croirait sortis d'un épisode de Satanas et Diabolo, on ne sait plus où donner de la désolation. Proprement engloutis sous les écrans verts, les gusses n'ont rien à jouer. Bon, cela dit, et là je vais passr à la partie positive de cette critique, il faut reconnaître qu'avec ces écrans verts, Villeneuve fait des merveilles. En porte-à-faux du film clinquant de Scott, il choisit des décors désolés, plats, ternes, sur les traces disons d'un Tarkovski : champs agricoles à perte de vue, lieux moitié en friche, ruines, villes à la fois modernes et détraquées, le tout englouti sous la neige, la pluie ou la pollution. Visuellement, c'est magnifique, disons-le. Le gars tente des trucs, comme cette scène de cul (occultée, c'est dommage), où la projection de la femme idéale sur une prostituée fabrique un trouble intéressant, ou comme cette scène de bagarre sous l'eau, rendue très lente de ce fait. Heureusement que l'oeil peut se désennuyer un peu, car le film, beaucoup trop lent et trop long, fatigue très vite. La vision esthétique assez forte équilibre le tout, et on quitte la salle en n'ayant dormi que 1 heure sur les 2h40.

ewjyc9nmclv4lxdzyz9q