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Aucun doute sur le fait que l'ami Joseph Losey aime à se faire le pourfendeur de "ces foules en colère", ces bandes moutonnières qui se prennent soudainement pour des loups (parce qu'armées, parce qu'avec deux neurones). Le sujet ici n'est autre que l'ostracisme envers les "Cholos", ces Mexicains qui vivent en cueillant des fruits contre une poignée de dollars et qui sont cantonnés en bordure de la ville américaine de Santa Marta ("The friendly City" - la bien nommée...) dans le quartier de Sleepy Hollow (eh oui, rien ne se crée, tout se transforme...). Des petites échauffourées éclatent entre jeunes et fières Ricains et jeunes et fières Cholos mais rien de bien méchant jusque-là... jusqu'à, jusqu'à ce que le pauvre Paul Rodriguez soit pris dans un cycle infernal ; il donne du coup de poing lors d'une soirée (une vague histoire de gonzesse), frappe un flic, s'enfuit en volant une bagnole, est arrêté, est conduit au poste dans une voiture de police qui a un accident (la mouise) : la voiture prend feu, un flic est carbonisé et il prend la fuite... Une jeune fille le découvre au coin de sa maison, elle se tape bêtement contre une poutre (franchement, les blondes…), et bing, le voilà qu'on l'accuse, cerise sur le gâteau, d'agression sexuelle... Tout est à l'avenant chez notre pauvre Rodriguez. Une chasse à l'homme, une véritable battue (ce n’est pas ce qui manque, les hommes armées de longs fusils, aux States) est organisée pour massacrer ce délinquant aussi dangereux qu'une pantoufle. La connerie est en action et seul un journaliste local (Macdonald Carey, sobre) poussée, en partie, par l'amour de la chtite mexicos Sunny Garcia (Gail Russel et ses grands yeux d'épagneul breton nostalgique) va tenter de ramener la foule à la raison.

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Losey reprendra sans surprise la trame languienne de M le Maudit a couple of years later et se fait ici, dans la bonne tradition fordienne, le porte-parole de la tolérance et de la justice face à la bêtise irrationnelle de la foule (voir ma thèse sur les boucs-émissaires aux éditions Plon). Bref, sur le fond, un truc indiscutable qui nous montre toute la connerie d'une foule qui se défoule (forcément) lors d'une traque (on tire sur le Mexicain comme sur un lapin, olé) ou lors d'un pillage ("on va péter les bureaux du journaliste ! Ouais !!!" - et ma pauvre machine à écrire, plus pacifique qu'une tortue, de se retrouver à l'envers). Macdonald tente de rester droit dans ses bottes face à ces hommes de mauvaise volonté qui ne cherchent finalement qu'une chose : s'acharner sur un ptit bout de gras d’origine étrangère pour oublier leur propre inconsistance. Ce sont les instants les plus dignes mis joliment en champs-contre-champs / contre-plongée-plongée / homme tête haute - foule tête baissée par Losey. Bien aimé, également, ces petits instants très tendre entre la Gail qui embrasse le Macdonald chaque fois qu'il fait une bonne action, sans chercher d'en rajouter ; tiens, ce baiser-là n'est pas volé, ce qui a le don de rendre notre héros tout chose – et de le relancer dans la lutte. Ça manque peut-être un peu de souffle (dans la première partie notamment où Losey expose un peu mollement la vie de nos jeunes dans les deux communautés) mais l'on sent, dès son deuxième long, l'envie de Losey d'entrer sur un territoire cinématographique louable : mettre le spectaculaire au service de la réflexion en pointant du doigt les démons rampants de l'âme provinciale ricaine. Je dis j’M.  

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