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Ah les sixties, quand on osait tenter des prod futuro-kitsch et teindre Marcello Mastroianni en blond (un véritable choc esthétique à lui seul). Sur un scénar qui n'est pas sans faire penser de façon anachronique au Prix du Danger (pour amener la paix dans le monde, un sympathique jeu a vu le jour à l'international : des personnes s'inscrivent pour être soit tueur soit personne pourchassée (à tour de rôle) ; si vous parvenez à survivre à 10 chasses (comme traqueur (qui connait le nom et l'adresse de la victime) ou comme traqué (qui doit deviner qui est le tueur) : les deux ayant la possibilité de descendre l'autre en toute légalité) vous remportez un million de dollars. On se retrouve donc à suivre la bombe Ursula Andress qui n'hésite jamais à profiter de ses charmes (elle tue l'une de ses victimes en ouverture en dissimulant des guns automatiques dans son soutien-gorge) sur les traces du blondinet Marcello ; elle en est à sa neuvième victoire (donc proche du pactole), lui à six. Sponsorisée par un mécène qui veut mettre en scène le dernier assassinat (histoire de faire de la promo pour son produit), l'Ursula monte un plan des plus abracadabrants : elle est censée attirer Marcello au Temple de Vénus, près du Colisée, pour une interview filmée – et pour l’abattre sous les caméras après avoir énoncé le slogan du produit... Séduction à mort, jeu du chat et de la souris, nos deux protagonistes un rien désabusés vont-ils s'entretuer en direct ou tomber bêtement amoureux malgré eux. Je vous laisse en suspens.

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Des costumes, des accessoires, des lieux de rencontres futuristes... quand on est dans les sixties, on a toujours peur que ça pique un peu les yeux, ce genre d'idée (des joueurs de saxophone qui se trémoussent sur des décors en forme de cubes - on avait alors point peur du ridicule ; et je passe volontairement sur l'ensemble des costumes de la gent féminine qui ne permettrait à aucune d’elles d'avoir un droit d'entrée en Arabie Saoudite) et, de ce point de vue-là, on est franchement gâté (prévoir des lunettes de soleil)... Ursula Andress, dans des justes-au-corps intégraux violet ou des bikinis à paillettes, incarne à la perfection la tueuse prête à tout pour faire succomber (érotiquement et morbidement) sa victime. Face à elle, le séducteur Marcello en platine (j’insiste) et affublé d'ignoble lunettes à la Lagerfeld (putain, il part de loin quand même) donne parfaitement le change à l’héroïne dans ce film qui part toutes les cinq minutes en vrille. On ne sait plus, passé un certain temps, s'il s'agit du nanar du siècle ou d'une oeuvre sympathiquement originale qui repousse toujours les limites du ridicule et du grand n'importe quoi (au moins Pietri a l'intelligence de ne jamais se prendre au sérieux, nommant là une rue Fellini, ou osant l'humour noir sur les personnes âgées (que l'on est censé remettre à l'état (...) mais que Mastroianni cache chez lui par pure bonté d’âme) ou le mariage (la pire chose qu'il peut jamais arriver à un homme, Marcello en faisant les frais...)). Du coup, on est constamment entre le petit rire condescendant (lâchons les chevaux au niveau du délire) et le grincement de dent (ça pète quand même pas loin, à l'image de cette fin tirée douze fois par les cheveux... "et ils vécurent heureux - ou pas forcément, car mari et femme - dans ce monde de merde dominé par la violence et la thunasse"). Le moins qu'on puisse dire, c'est que la chose a des allures d'ovni (un brin machiste, quoique... l'Ursula tire finalement toujours son épingle du jeu) et ferait passer Austin Power pour un film de Straub. Délirant tout en se délitant... à l'image un peu finalement de la teinture de Marcello (je ne m'en suis pas encore remis) qui ferait passer le style de Lady Gaga pour du Drucker.

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