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Terrible impression de déjà vu que cette histoire de double (Jérémie Rénier les yeux pétillants et l'air serein ou les yeux pétillant et l'air bourrin) et de schizophrénie (Marina Vacth pas toute seule dans sa tête...). On peut reconnaître à Ozon une certaine capacité à rentrer dans le sillon de la bonne vieille qualité française (une image propre, une mise en scène millimétrée... et figée), à jouer avec le reflet des miroirs ou à laisser traîner tout au long du film quelques indices permettant de déchiffrer, avant la chute, les tenants et les aboutissants de son histoire (réalité sensuelle et sexuelle ou pur délire mental ?)... Malheureusement après une première heure terriblement soporifique durant laquelle le cinéaste tente d'installer ses personnages, la suite se regarde d'un œil morne sans qu'on soit vraiment capable de rentrer dans la prétendue "tension dramatique". Marina est-elle odieusement manipulée par ces deux Jérémie régnant sur sa vie ou se fait-elle un véritable tour de France dans son esprit en ne cessant de projeter ici ou là ses propres angoisses, fantasmes, troubles... La démonstration est longuette et même si Ozon parvient jusqu'au bout à maintenir une certaine ambiguïté, l'ensemble est beaucoup trop froid, se prend trop au sérieux pour qu'on éprouve une quelconque empathie envers cette femme bien perturbée... On est loin du double zéro mais on n’est pas non plus particulièrement scié par ces multiples petites références (d'un escalier vertigoesque en début au fil rouge reprenant le motif du chat (en broche ou empaillé...) qui n'ont rien de bien originales en soi. Bien trop sage dans la mise en images pour qu'on en ressorte particulièrement troublé...   (Shang - 04/10/17)

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Aaaargh mon Dieu que c'est mauvais. Ozon cherche du côté de Cronenberg dans cette histoire rocambolesque de jumeaux antithétiques, et se vautre avec éclat, incapable du moindre trouble, pondant une pauvrette histoire de psys tordus que n'aurait pas reniée un auteur Harlequin de base. Le plus gros défaut du film, celui qui le fait dès le départ tomber dans le ravin, c'est les acteurs : Jérémie Rénier est aussi crédible en psy que moi en lutteur grec. Il pense que porter des lunettes, une mallette en cuir (mais qui est responsable des accessoires ?) et prendre un air profond, suffit à dessiner son personnage. Mais il n'a pas du tout la carrure de son rôle, c'est une énorme erreur de casting, d'ailleurs prolongée dans l'alter-ego négatif qu'on lui demande d'incarner : il est inquiétant comme une taupe, sexy comme un réverbère, et on ne croit pas du tout à la relation sado-maso qu'il entretient avec l'héroïne, ni à son pouvoir d'attraction. Rénier est complètement à l'ouest, et on se rend vraiment compte avec ce fim des limites de son talent. Mais c'est rien du tout à côté de cette Marina Vacth : on a trouvé la nouvelle tête à claques de base, la Romy Schneider 2.0, celle qui vous donne envie de péter votre écran par la vacuité sans fond de son manque de charisme, par sa voix (inaudible) de mannequin, par ses airs de vedette déjà parvenue. Elle est totalement nulle, et l'inconvénient est que Ozon lui demande d'endosser un rôle impossible, sorte de nymphomane hantée par la gémellité, victime consentante d'un salopard en même temps que maîtresse forte, complexe bloc de dérives psys. Il aurait au moins fallu une Meryl Streep en grande forme pour incarner une telle complexité ; Ozon a la Claudia Schiffer du pauvre, too bad. Ajoutons que le couple formé par les deux n'est jamais crédible, et c'est normal, c'est marier la carpe et le sanglier.

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Avec un tel point de départ bancal, on sent le naufrage se pointer. Et il arrive à peu près 20 secondes après le générique. Ozon n'est pas du tout fait pour la complexité, et se mélange les pinceaux dans ce scénario trop long, très répétitif, pas du tout cinématographique. Il a beau mettre des miroirs dans tous ses plans (c'est sa grande idée de mise en scène, et c'est quand même un poil court), il n'arrive jamais à semer le moindre trouble dans cette histoire de jumeaux qui en sont mais n'en sont pas mais en fait c'est la fille qui pète un plomb mais en fait non. C'est vrai qu'il n'avait guère encore attaqué le genre du thriller, mais on ne saurait trop lui conseiller de continuer à faire ses petites provocations sans chercher à être profond. L'intelligence ne lui va pas, et je dis ça en restant fan de ses films de début, et encore intéressé par-ci par-là par ses films récents. Il est bien meilleur quand il travaille des images sulfureuses (ici une sodomie inversée assez trouble) ou quand il fait des clins d'oeil cinéphiles (Jacqueline Bisset, pour le coup très bien) que quand il veut refaire Dead Ringers, images glaciales et rythmes lents à l'appui. Un futur "nanar".   (Gols - 07/10/17)

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