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Voilà une adaptation toute en finesse de Maupassant (Boule de Suif et Mademoiselle Fifi) par ce magicien de Christian-Jaque. Ahaha, la bonne blague. On parlait récemment de "ces" vieux réalisateurs français qui prenaient plaisir à mettre en scène que des personnages négatifs : ben là on est dans le dur. Des officiers prussiens avé accent plus caricaturaux qu'un dessin du prophète (On devrait avoir eu la possibilité de fusiller Louis Salou directement après le tournage), des petits provinciaux forts en gueule et pleins de bons mots (certes, Maupassant, comme un Flaubert, n'en fait pas des monstres d'intelligence... mais là... fermez lui sa gueule à Jean Brochard as Loiseau, c'est insupportable rien qu'au niveau sonore) et une pauvre Micheline Presle aussi lisse (et maigre - "elle a gardé le surnom de Boule de Suif rapport au passé... depuis, elle a vachement maigri, c'est clair..." - au secours) qu'un lévrier épilé. On sent dès le départ qu'on ne va pas être dans de la fine dentelle du Puy au niveau des subtilités : des Français trouilloux et opportunistes (un concon de comte, un marchand de vin sot comme un vendeur de cravates, un membre du conseil général aussi compétent et efficace qu'un membre du conseil général), des Prussiens sans cœur et sans principes... Comme on est en 45, on voit venir à gros gros sabots les petits symboles historiques (allonzenfants) mais on peut enfin se le permettre, on vient d'être déclaré vainqueur eheh... Grosseu prise de risque et subtil sens de l'opportunité. On aura droit à un discours vibrant de Victor Hugo appelant le peuple de France dans la rue (oui, l'histoire ne cesse de se répéter - jusqu'à nos jours), à des airs de Marseillaise et à un traitement forcément héroïque des francs-tireurs (un bon Français est un Français armé qui tue du casque pointu, point)... Et notre Micheline nationale dans tout ça ? L'humiliée Boule de Suif qui pleure devant ses compatriotes français après son sacrifice (elle s'est tapée Louis Salou) laissera la place à l'héroïque Boule de Suif-Fifi qui montrera devant les femmes des compatriotes précités de quel bois elle se chauffe quand elle est acculée une seconde fois - et pan, un couteau dans ton coeur, petit prétentieux de Prussien. Presle humiliée puis Presle libérée. On voit bien que Christian-Jaque fait des efforts pour bouger sa grosse caméra (quelques fulgurants (...) mouvements pannotés de la salle de l'auberge aux escaliers de l’auberge), se fait expérimentateur au niveau des cadres (un plan en contre-plongée légèrement décadré pour filmer les méchants - ohoh) mais le jeu des acteurs et les jeux de mots sont souvent tellement grossiers (au sens grosse Bertha) qu'on est plus sensible à l’intolérable niveau sonore de la chose (des dialogues hurlés) qu'aux efforts esthétiques et autres petites trouvailles (les Prussiens ouvrant leur champagne moussant de façon précoce devant les quatres femmes françaises abasourdies - putain de symbole)... En un mot comme en cent, du Christian-Jaque pur jus qui saura ravir les nostalgiques de ces films où les acteurs - interprétant des personnages tous pourris (ou quasi) -étaient à se taper sur les genoux par leur jeu ultra théâtral et leur calembours.

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