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Voilà un titre français qui attire forcément le chaland ; comme il s'agit qui plus est de l'ami James Whale aux manettes (et Carl Laemmle Jr à la prod), qu'on retrouve au casting l'incontournable Boris Karloff (en domestique muet au crâne pété en quatre), le ventripotent Charles Laughton, le finaud Melvyn Douglas et deux charmantes donzelles (la classieuse blonde Gloria Stuart et la brunette extravertie Lilian Bond) et – enfin - qu'on est encore dans une période pré-code (ça sent la scène en nuisette - on l'aura), on a forcément peu de chance d'être déçu. Et on ne l'est pas : Whale nous plonge dès le départ dans une ambiance affreuse (un orage dantesque, une bagnole perdue dans la nuit, une colline qui s'écroule, un manoir qui surgit au bout du chemin, l'affreux Karloff qui ouvre la porte de la maisonnée…) tout en se permettant un ton assez olé-olé (les trois amis perdus dans la voiture ne cessent de plaisanter sur cette atmosphère à la con - ils ne garderont pas toujours le sourire, les marioles). Les lieux sont tenus par un frère mou du manche et par sa soeur - vieille fille à moitié sourde et à la langue de vipère - et on ne peut pas vraiment dire que l'accueil soit aussi chaleureux qu'au Club Med de Cuba (je devine, juste). En dehors de cette brochette de Gallois peu avenants, il se trouve dans la maison deux vieillards qui n'ont pas fini de faire grincer des dents nos trois amis en vadrouille (bientôt rejoint par un étrange couple : le macroniste Laughton et la soubrette-chanteuse de cabaret Lilian (qui a la cuisse légère). Des mains qui se baladent (la vieille soeur, excellente Eva Moore, qui fout les jetons à Gloria en laissant ses mains aller sur son corps peu vêtu et on lui annonçant d'une voix d'outre-tombe qu'elle va vieillir (pour ne pas dire pourrir) comme tout le monde), un Karloff totalement bourré en free lance (mais finalement assez peu présent), un vioque pyromane et violent... autant de raisons pour que la soirée soit un peu mouvementée...

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On aime dès le départ cette pluie qui tombe aussi drue qu'aux Antilles en période cyclonique, ce manoir éclairé à la bougie, ce jeu constant avec les ombres (quand ton ombre se fait agresser par une autre, c'est que l'ambiance est torve) et ces personnages totalement déchiquetés de la tronche qui font peser une menace constante sur les invités... Si l'ami Melvyn passe du bon temps pendant un bon quart d'heure avec la chtite Lilian (on picole dans la caisse sous l'orage, on se bisouille, on se fait des promesses pour la vie...), il lui faudra bien à un moment ou un autre payer l'addition (jet de couteau à ça de sa fine moustache puis chute en corps à corps avec une vieille fripouille du haut du premier étage (cela laissera des séquelles)). Whale prend tout son temps pour poser son ambiance qui fout les boules, avant de lancer les chevaux dans la dernière ligne droite (le petit numéro du géant éructant Karloff (geu-geu-geu à moi la donzelle, dans mes grosses pattes ohohoh ; le fou furieux grisonnant qui se jette sur ses proies comme un griffon). Bref, on se marre en grinçant des dents. Au final une œuvre un peu méconnue du sieur James qui méritent (lors d'une sombre nuit de tempête) forcément le détour. Atmosphère, atmosphère.

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