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Petit hommage obligé au grand - une légende vivante nous a quittés - (et maigre) Harry Dean Stanton qui de Paris-Texas à Twin Peaks en passant par Cool Hand Luke ou Alien nous aura fait étonnamment vibrer. Entre deux chansons bluesy (Le Harry se révèle un chanteur et un joueur d'harmonica de grande classe), Dean revient sur sa carrière (interview incontournable de Wim Wenders, Sam Shepard et David Lynch ("un acteur qui continue de jouer entre ses répliques")), ses amours (even if our guy is a solitary guy... never married... Sa plus grande conquête semblant rester Debbie Harry (qui s'est barré avec... Tom Cruise - fucking life, man)) et ses amitiés (du beau monde, de Jack Nicholson à Marlon Brando en passant par l'ex-beau gosse Kris Kristofferson). Stanton, c'est l'humilité faite homme, un caractère dont la silhouette en mouvement est une philosophie à part entière, un taiseux qui sait choisir ses mots, un homme dont chaque silence est aussi éloquent qu’un nuage se baladant tranquillement dans un ciel bleu (très belle réponse quand on l'interroge sur ses parents... deux minutes de regards pensifs qui valent tous les discours à deux balles). Notre homme aime donc à pousser la chansonnette, à séduire les femmes (le plus grand intérêt de faire du cinoche car après tout, le seul but de l'homme is to get laid - top là Harry même si je traverse mon propre Paris-Texas…) et à se tenir peinard au coin d'un bar en sirotant une ptite tequila-fraise et en fumant clope sur clope (sa mort sonne comme un coup dur pour toute l'industrie du tabac). Stanton, c'est une diction inimitable, un regard plus profond que le lac du Connemara, et un visage taillé à coup de serpe inoubliable à chacune de ses apparitions (pas vu non plus ses deux cents films, mais on se comprend). Quand HDS a la pupille qui commence à devenir humide (La fin de Straight Story ou celle de Paris-Texas), c'est toute l'expression du chagrin planétaire qui semble être convoqué. Incroyablement naturel à chacune de ses apparitions (même avec des rouflaquettes), il fait partie de ces seconds couteaux du cinoche américain, capable de donner du relief à chacun de ses rôles. Stanton est parti en fumée (la saison 3 de Twin Peaks est dorénavant un cimetière vivant), on en fumera une à ta gloire, man.

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