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Comment peut-on refuser de voir une petite comédie musicale polonaise dont les héroïnes sont deux sirènes à tendance vampirique - le tout étant adoubé par la collection de DVD Criterion peu avare en sortie récente et en film polak... Avouons qu'au départ, bien que la chose soit kitschissime à souhait (la Pologne des années 2010 c'est un peu nos années 80, non ? Beineix est comme ressuscité au niveau des couleurs pétantes), on a un petit plaisir coupable à voir ces enchainements musicaux menés sur un rythme tonitruant. On sent que la cinéaste fait un peu des effets chics pour l'esbroufe mais les queues de ces deux charmantes sirènes sont tellement joliment réussies qu'on est prêt à jouer le jeu... Enfin, à jouer le jeu, jouer le jouer, faut pas non plus nous prendre pour des merlus... Le scénar, on sent rend rapidement compte, est un poil indigent (l'une des sirènes tombe folle in love d’un guitariste décoloré terrien (et attention, elle risque gros car si le gars se marie avec une autre elle risque de se transformer en écume - voyez le genre... Soyez-en, en plus, convaincus d'avance que ça ne manquera pas) pendant que l'autre, plus vorace, bouffe ses proies - et même en Pologne où la police a l'air un brin laxiste et conciliante, au bout d'un moment, cela ne peut que lui attirer des ennuis). Entre une scène d'amour un peu bébète (faire l'amour à une sirène avec une queue de six mètres qui sent le poisson, c'est pas forcément très ragoutant) et une scène plus gore (la brune te saute à la gorge des mecs qu'elle drague en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire), nos deux jeunes femmes s'amusent à pousser la chansonnette au sein d'un groupe de pop locale qui ferait passer Mike Brant pour un punk sous acide... C'est franchement, plus souvent qu’a son tour, too much kitschouille pour ne pas dire carrément gnangnan (puis une chanson de variétoche, va, mais 28, la coupe de vodka est rapidement pleine). Du coup, passé l'effet de surprise du premier quart d'heure, on sent bien compte que cette historiette aux images pubesque assez léchées tourne à vide... Smoczynska tente bien encore le coup de deux-trois scène trashy pour maintenir l'attention (une sirène se fait couper la queue pendant que l'autre, roh (ou raw) ne peut s'empêcher de croquer dans un pouce dès qu'on la chagrine (ça gicle, c'est sanguin, mais il en faut bien plus pour nous faire grimacer de jouissance goresque)). La fin était prévue depuis le départ (l'écume et la bête sauvage) et nous surprend autant qu'une chanson de droite de Michel Sardou. Branchouille (t'as vu le dernier film d'Agnieszka Smoczynska ?) mais une histoire de sirènes qui, avec une certaine complaisance, se mord un peu la queue.

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