vlcsnap-error244

Un petit tour du côté du cinéma italien, cela faisait un bail. On ne s'ennuie pas dans ce film à suspense de l'ami Petri qui repose quasiment entièrement sur les épaules du géant Mastroianni. Ce dernier incarne un piètre receleur d'antiquités (il n'est pas à une petite magouille près pour se faire de la thune), doublé d’une sorte de gigolo qui porte son dévolu sur des femmes plutôt riches (la fabuleuse Micheline Presle en femme entre deux âges et la bardottienne Crisitina Gaioni en jeune bombasse peu farouche). Bref un type peu recommandable, un roi de l'opportunisme qui laisse le charme agir... Seulement voilà, un beau matin quatre inspecteurs débarquent dans son home qui déborde de tableaux et de candélabre. L'ami Marcello joue l'étonné (lui, un type droit comme la tour de Pise, tout de même !) : de quoi peut-on bien l'accusé, meo dio ? C'est en téléphonant à son ancienne amante et protectrice Micheline qu'il découvre le pot aux roses : elle a été assassinée la nuit dernière. Marcello est blême d'autant qu'il semblerait bien qu'il fut le dernier à la voir... Et comme par hasard, toutes les reconnaissances de dette qu'il lui avait signées ont disparu. Police, menotte, prison.

vlcsnap-error994

Mastroianni est vraiment parfait, pour ne pas dire génial, aussi crédible en arnaqueur du dimanche qu'en Casanova de basse-cour auprès de poules riches. Il joue tout aussi bien et à la perfection la totale naïveté face à ses flics qui sont bien décidés à ne pas le lâcher. Notre homme, en de multiples flash-backs revient donc sur son parcours peu brillant (un ami trahi... pour les beaux yeux (et les relations) de sa femme (La Presle) ; un type errant auquel il aurait pu, avec un peu de bonne volonté, porter secours... et qui s'est suicidé ; une fraîche donzelle (La Cristina) qu'il sait totalement creuse de la tête et qu'il ne peut s'empêcher de séduire (la nouvelle poule aux œufs d'or)... Rien de bien reluisant en effet chez notre homme qui, à mesure que le film avance, révèle toutes les petites lâchetés dont il fut coupable. Maintenant si tous les hommes lâches étaient des assassins en puissance, les prisons seraient pleines… Marcello joue sur de velours avec son petit air perdu, sa petite mine défaite, incarnant l'innocence-même : lui, violent, jamais ! (il fait plus de l'embobinage doucereux, à l'évidence)... Harcelé par les questions des enquêteurs (deux types lui collent aux basques même au cachot pour qu'il craque... et des fissures apparaissent forcément dans la carapace de notre séducteur au masque de fer), il y a peu de chance pour que notre ami Marcello passe cette fois-ci au travers des mailles du filet. Même s'il garde toujours un soupçon d'humour à froid (le couteau, il est où ? Je l'ai mangé, je travaillais avant dans un cirque !), notre homme, fatigué et ébranlé dans ses tréfonds, risquent, quoi qu’il advienne, de ne jamais sortir de cette histoire complétement indemne... Un suspense jusque dans les cinq dernières minutes et un Marcello... comment dire...totalement fidèle à lui-même jusqu'au bout. Un bon petit polar porté par un acteur à l’éternelle grande classe.  

vlcsnap-error279