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Petit film ricain d'amour lesbien du milieu des années 80 qui tente d'aborder romantiquement le sujet. La blonde et coincée Helen Shaver as Vivian Bell, prof de lettres à ses heures, vient se refaire une petite santé dans un ranch : elle est sur le point de divorcer après douze ans de vie commune et souhaite vouloir faire le point sur sa petite existence. Elle est accueillie dans ce ranch à haute teneur féminine par Audrey Lindley as Frances, une femme entre deux âges qui compte prendre soin de sa nouvelle locataire un tantinet timorée pour ne pas dire perdue. Vivian fait connaissance de la fille de Frances, une certaine Cay (la brunette et joliette Patricia Charbonneau), qui semble mener une vie un brin dissolue (elle attire les hommes, la bougresse, mais jette plutôt son dévolu sur les donzelles, oh my god !!! - on est rappelons-le dans les eighties, au siècle dernier...). Cay flashe sur la réservée Helen, prête à donner le change amicalement mais, diable pas plus... quoique... Un baiser furtif sous la pluie, une Helen, obsédée par son image et le qu'en dira-ton, qui craint les foudres du ciel (et qui subit au moins celle de Frances : comment oses-tu séduire ma fille, vilaine !), et une Cay qui n'est pas prête à lâcher l'affaire malgré les réticences de l'Helen. Cela finira-t-il bêtement en queue de poisson ou douillettement dans un lit, on espère forcément, pour la gloire de la liberté des mœurs, la seconde option...

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Alors oui bon, on sent que la cinéaste Donna Deitch marche un peu sur des œufs pour aborder son sujet, cherchant plus à jouer la carte sentimentale que la bonne vielle carte érotique facile... Du baiser goulu (bien belle scène sous la pluie, ma foi) et du corps à corps il y aura mais l'intérêt est définitivement ailleurs. Si cinématographiquement parlant l'image granuleuse eighties ou la mise en scène restent bien basiques, on peut savourer la façon dont est traité en particulier le personnage d'Helen. La jeune mémère coincée dans ses godasses au début du film va peu à peu, sous les attaques vivaces et fraîches de la Cay, laisser tomber le masque et succomber au charme de sa jeunesse sans fard... Toutes ses petites réticences, autant physiques que sociales (ciel, mon image) vont finir par céder, par tomber, pour mieux lui permettre, justement, de tomber amoureuse. Cela ne casse pas trois pattes à un canard au niveau de l'audace mais on peut apprécier cette approche par petites touches de ce personnage coincé mais non point muré dans ses certitudes. Les diverses histoires parallèles qui se passent dans cette ville isolée de Reno (casino inside et désert around) n'apportent pas franchement beaucoup d'eau au moulin et laissent à cette amourette subtile tout le temps pour éclore. Un film, que la collection Criterion décide de sortir du placard, qui vaut un tout petit détour historique.

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