9782370551306,0-4188685Amateurs de grande littérature, de subtilités stylistiques et de finesse psychologique, allez manger vos morts. Voici que nous arrive dans nos cabas un nouveau genre de livre de plage, et le moins qu'on puisse dire, c'est que celui-là laisse plus de traces douteuses sur les oreillers ou sur les murs que l'autre. Dirty Sexy Valley condense en un seul bouquin tout ce qu'il ne faut pas faire en littérature : personnages réduits à des ombres, rebondissements crédibles comme la conversion au dadaïsme de Shang, machisme primaire, montée dramatique aux oubliettes, style proche du devoir de CM2. Et pourtant, à ma grande honte, j'ai rigolé comme un adolescent devant les excès impossibles d'Olivier Bruneau. Ce livre fait partie de ceux qu'on cache sous un lit quand on invite des potes. C'est une espèce d'objet porno et gore, qui marche sur les traces sanglantes de Massacre à la Tronçonneuse et sur celles plus sexuées d'A nous les petites Anglaises. Jugez de la pertinence du sujet : un groupe d'ados s'installent pour les vacances dans une maison isolée ; mais une famille de rednecks parfaitement débile occupe la maison à côté, et a pour passion première le viol et le dépeçage des groupes d'ados. Très vite, la majeure partie de cette jeunesse folle se retrouve ligotée dans la cave des indigènes et se voit introduire force objets crasseux et contondants dans leurs différents orifices. D'où douleur, certes, mais d'où aussi orgasmes volcaniques...

C'est clair que le gars n'y va pas avec le dos de la cuillère quand il s'agit d'attaquer de front les perversions sexuelles de ses personnages : entre la fellation acrobatique du début, la partouze échevelée du milieu et la sodomie au gode-tronçonneuse de la fin, on se dit que DSK peut aller se rhabiller en matière de tentatives de félicité. Les filles sont considérées comme des vagins sur pattes, les garçons comme des débiles mentaux en érection, et tout ce joli petit monde s'étripe dans des atmosphères absolument glauques maculées de tâches de sperme et de sang pour mettre un peu de couleur. On a l'impression du délire d'un adolescent qui aurait trop abusé des torture-movies des chaînes câblées, et qui les aurait mêlés avec les films porno-crades de Youporn. Avec en plus un humour de gamin et un huitième degré légèrement déviant hérités de la tradition gauloise. Le résultat : c'est complètement débile mais rigolo comme tout, ça se lit en cachette de papa-maman mais avec un constant sourire aux lèvres. Certainement pas le livre du siècle, il y manque à peu près tout, mais un bon moment de détente sans complexe entre deux Joyce. Fun. (Gols 07/07/17)


1002156_2017-06-08-le-tripode-presente-dirty-sexy-valley-parisComme Olivier Bruneau a eu la gentillesse de nous contacter suite au billet ci-dessus de mon camarade (pensant de façon pessimiste que ledit billet n'encouragerait personne à lire son ouvrage), je me suis forcément empressé de lire son roman - qui depuis a fait de la route pour "charmer" d'autres lecteurs, de Pézenas à Pougues les Eaux en passant par St Etienne (c'est pas rien). Je le dis sans ambages, il s'agit bien du roman de l'été, personnellement parlant, vu que c'est le seul que j'ai lu jusqu'alors (je devrais mettre à mort d'ici peu une bio de Colette mais j'ai bien du mal à l'achever). Mais revenons à nos moutons. Dirty Sexy Valley est dirty, porny et gore à souhait, ce qui en fait le parfait livre à offrir à votre neveu ou votre nièce pour l'anniversaire de leurs 15 ans - il faut bien que la jeunesse s'amuse. Qu'elle s'amuse et qu'elle ait le sens des références, puisque les deux paysans cradasses et dégueulasses de l'histoire se nomment Jules et Jim, ce qui n'a pas manqué de faire sourire le spécialiste mondiale de Roché que je suis - on pourrait placer ici un hommage à Jeanne Moreau mais on ne le fera pas. Des étudiants campeurs, pour sceller leur amitié, décident  donc de se retrouver dans une cabane et d'organiser une petite orgie - jusque-là, tout reste crédible. Malheureusement, ils vont rôder non loin de nos deux paysans en manque de plaisirs sexuels et vont se faire défoncer par tous les orifices connus et à réinventer - et je reste poli et courtois. C'est un livre à lire sur le ventre à la plage pour ne pas trahir de soudaines émotions et avec le sourire aux lèvres pour faire passer en ricanant les passages les plus crus. On imagine avec un petit rictus malicieux assez bien la chose portée à l'écran : si le scénario est un peu creux (qui survivra sans se faire empaler par un ours ?), certaines séquences porno-terrifiantes pourraient s'avérer assez juteuses et jouissives à mettre en scène (marre de ces films d'horreurs pour gamins de douze ans et de ces films érotiques aussi prudes qu'un camp de mormons) ; car Bruneau appelle une chatte une chatte et un anus un gouffre, ce qui devrait donner lieu à des scènes un tant soit peu originales dans le climat actuel si sage et lisse. En marche la bite en avant et la hache à la main, c'est le message non subliminal mais animal que tente de faire passer le gars Bruneau, et franchement, à défaut d'atteindre des sommets de finesse dans la broderie littéraire, on y trouve ce qu'on était venu y chercher : un bon moment de détente un brin licencieux qui va droit au but. Sans ambages, disais-je.  (Shang 15/08/17)