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Notre pauvre Sergio a été curieusement délaissé sur ce blog tant l'on connaît ses films par cœur. Coup d'essai du petit gars Sergio dans le western et le moins qu'on puisse dire c'est qu'il est plutôt prometteur ; certes, il bénéficie au casting de la présence de l'ami Clint, stoïque comme un menhir avec son regard légendaire de druide, du maestro Morricone à la musique, du sieur Dallamano à la photo et d'un décor... espagnol monumental... Mais ce qui épate déjà, c'est cette incroyable efficacité, cette véritable science du rythme, du cadre, du montage, qui permet de doper chaque séquence. Le scénar est con comme un baril de poudre : Eastwood a compris depuis longtemps qu'il fallait diviser pour mieux régner ; lorsqu'il découvre dans ce petit village du bout du monde deux familles qui monopolisent le commerce de l'alcool et des armes, la stratégie est simple : dresser les uns contre les autres et laisser agir. Tout se passe à merveille pour ce personnage qui semble avoir un coup d'avance sur tout le monde... Et puis il va finir, à force de jouer avec le feu, à se faire choper... Clint morfle, perd son sens du clin d'œil, se fait même broyer la main (gauche). Mais notre homme, qui parvient à s'échapper dans un cercueil, préparera minutieusement sa résurrection. Il reviendra, littéralement indestructible, et la vengeance sera terrible...

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Clint est un taiseux qui a le sens de l'opportunisme : "toujours là au bon moment" pour fournir à l'un des deux clans l'info capitale, le petit renseignement utile pour résoudre un problème - c'est souvent lui qui est d'ailleurs à l'origine des problèmes (les deux soldats mexicains qu'il met en scène dans le cimetière, l'enlèvement de Marisol...), mais c'est de bonne guerre : il n'y a pas de mal à jouer avec la crédulité des uns et des autres tant ils sont vénaux, qu'il s'agisse des Rojo avec leur tronche de déterré ou des Baxter avec leur trogne d'abruti. Notre homme se joue donc des uns et des autres pour... de l'argent ? (éventuellement mais pas vraiment), la gloire ? (pas forcément), par pur angélisme (pourquoi pas (une sale blessure du passé à ce que l’on capte)... même s'il est prêt à user pour ce faire de stratagèmes démoniaques, pour ne pas dire infernaux : il porte une certaine responsabilité dans le véritable génocide des Baxter - dans un décor d'enfer pour le coup). Une finesse indéniable, un nez creux fabuleux et surtout une gâchette qui ferait rougir une mitraillette. Clint règne en maître sur les lieux et, même lorsqu'il se verra laminé par les Rojo, il ne perdra jamais totalement la face - il s'échappera en rampant comme un animal blessé mais n'en reviendra que plus décidé à tout faire péter.

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Bon, il y a ce fond gentiment malicieux mais surtout, of course, cette forme qui semble redessiner grammatico-cinématographiquement tout le genre. Montage alterné de deux séquences, sens aigu du gros plan (avec (ou pas) une magnifique petite contre-plongée), plan à ras de terre pour filmer les jambes des joueurs avant un duel, utilisation judicieuse de la profondeur de champ pour juxtaposer deux ou trois personnages, plans américains au cordeau ou encore utilisation jouissive du scope... Leone bouffe littéralement le genre en nous faisant comprendre en 1964 quelle forme il fallait lui donner - j'exagère à peine tant l'on sent la petite réflexion derrière chaque cadre, chaque plan, chaque séquence. C'est millimétré et aussi précis que le jeu de ces acteurs capables de bouger un micron de leur visage pour changer d'expression - Clint restant le Dieu du genre. Bref, on jubile devant la facilité avec laquelle Sergio Leone nous goinfre d’images avec simplement une poignée de dollars - et le pire c'est que le plaisir reste identique même après douze visions. L'autre maestro.

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Go west

Tout Clint