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Deux ans après l'urbain et déjanté Themroc, on retrouve une partie de l'équipe du Café de la gare (Bouteille, Dewaere, Rufus et Sotha aux manettes) dans cette histoire babacoolos champêtre qui tourne au tragique... Le film s'ouvre avec deux sortes de troubadours à cheval (Rufus, blond et... chevelu et son compagnon, un certain Bild (Ben Mangelschots !)) qui sont partis en quête d'une certaine Mathilde (la transcendante Emmanuelle Riva) : celle-ci serait la mère du jeune compagnon de Rufus. Ils vont trouver la Mathilde à la tête d'une sorte de communauté qui vit d'amour et d'eau fraîche ; cette dernière a acquis une immense propriété il y a quelques années (magnifiques paysages corses) où elle reçoit de doux rêveurs fuyant la société. Si la Mathilde douche froid le Bild (je t'ai abandonné, n'en parlons plus), nos deux jeunes troubadours trouvent un certain réconfort dans la compagnie des jeunes nymphettes de l'endroit (dont une certaine... Robert (Elisabeth Wiener) pas plus farouche qu'une courge mais à l'ardeur sexuelle non légumière). On découvre parallèlement à cet intrigue de « fils caché » les différents personnages de cette communauté à la coule avec ses petites histoires de fesses, ses jalousies et ses différents individus peace and love. Le gars Bild, cependant, a vite tendance à ne pas se sentir vraiment à l'aise dans ce pays de branle-manettes : il finit d'ailleurs par le faire savoir et s'expose à la colère (aveugle) de la communauté...

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Atmosphère libertaire et détendue avant l'arrivée d'un final beaucoup plus crépusculaire et angoissant (une dernière procession "punitive" qui n'est pas vraiment un appel à la tolérance : si vous n'aimez pas les communautés reculées, venez pas les faire chier, vous risquez d'en payer le prix fort..."). Emmanuelle Riva rayonne sur son territoire où chacun vaque à ses petites occupations (l'une compose un mystérieux "produit", l'un (Bouteille) écrit, une autre papillonne de garçon en garçon, encore une autre travaille sur un métier à tisser...). Il y a un certain sentiment d'apaisement et de joie de vivre chez ces jeunes gens qui se sont volontairement coupés du monde. Il suffit de vivre au gré du vent et des inspirations... et de ne pas trop tomber (pour les mâles…) dans la mécanique destructrice de la jalousie (notre bon vieux Dewaere à la fraîche sous son chapeau de paille en fera un brin les frais). Femme se donnant à deux hommes le temps d'une nuit, amour en pleine nature, situation incestueuse "délicate", Sotha n'a pas froid aux yeux pour rendre compte de cet univers où les femmes mènent la danse et s'ébattent sans contraintes. Même si le film sent un peu le patchouli et que le montage est parfois à l'arrache, cette petite diatribe anti-consumériste garde (grâce à ses actrices légères et ses comédiens en free lance) toute sa fraîcheur 40 years later. Le final, plutôt osé dans sa violence, fait également passer un petit message de rébellion exacerbée (accepte ou meurs... c'est radical) sans véritable concession… Et puis rien que de revoir Dewaere, de toute façon, cela suffit à justifier la vision de ce petit brulot englouti (point de DVD) dans la Rivière Fango…

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