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Si l'amour n'existait pas Tay Garnett l'aurait inventé pour réaliser cette œuvre délicieusement romantique (les années 30, hein, tout de même, fi !). La divine Kay Francis au regard si doux est associée au raffiné William Powell au sourire si chou. L'histoire tiendrait sur un ruban qu'on met dans les cheveux : Kay bouscule Powell au comptoir d'un bar. Regard électrique for ever. Ils se retrouvent sur un bateau les menant de Hong-Kong à San-Francisco. Leur amour est plus évident qu'une défaite de Fillon. Seule petite anicroche : ils sont tous les deux condamnés à mort - elle par la maladie, lui pour meurtre, exécution programmée à sa descente. On croise les doigts comme eux ils croisent les verres brisés ou les cigarettes à chacune de leur rencontre. Mais on y croit guère tant les plus belles histoires d'amour sont les plus désespérées.

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Il est des films où tout fonctionne, où tout est huilé, où chaque scène est un petit bonheur. Si un simple sourire de Kay interrompu par un baiser de Powell serait capable de rouvrir la faille de San Francisco, si leur couple éternel, juste le temps d'une traversée, tient diablement la route, les diverses actions secondaires apportent une pointe de légèreté et d'esprit bon enfant à la chose. Il y a d'abord ce flic (chargé de surveiller Powell jusqu'à bon port) qui va tomber amoureux d'une fausse comtesse (connue pour avoir escroqué la terre entière). Notre brutasse de flic (Warren Hymer, la tête de l'emploi) a heureusement un petit coeur qui bat et va non seulement montrer de l'empathie pour les misères de Powell mais aussi pour cette pseudo comtesse au passé trouble... C'est tout à son honneur et cela vient, en contrepoint, souligner à quel point l'amour est salvateur... jusqu'à la mort. Il y a également un petit voleur minable bourré du matin au soir (belle technique pour boire à l’œil, j’ai pris des notes) qui vient seconder la comtesse dans ses petites malversations - les deux comparses s'allient également pour donner un coup de main à Powell lorsqu'il doit, exceptionnellement, tromper la vigilance du flic. E la nave va et plus il vogue sur les flots et plus l'on sent venir le dénouement qui va nous nouer. Powell, roi de l'évasion, ne peut se résoudre à laisser tomber sa douce dont l'état ne s'arrange point ; d'autant qu'à chaque fois qu'il tente de lui dire la vérité (il va falloir se séparer pour un temps, dear...), elle tombe dans les apples. Il sait parfaitement qu'aller au bout de ce voyage, c'est condamné à mort leur amour. C'est ce qu'on appelle justement la passion. Et Tay Garnett s'emploie à la perfection pour balancer un petit hymne cinématographique tout dédié à. Même les couchers de soleil ne font pas tâches quand le regard des deux amants s'y noie. Une gageure. Une petite perle noire sans retour.

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