vlcsnap-error511

vlcsnap-error136

Juste à la sortie de la guerre, Cáp livre une œuvre à la gloire de la Résistance tout en montrant le côté sombre de ces fumiers de collabos. Deux femmes à l'allure angélique incarnent parfaitement l'idée que l'habit ne fait pas le moine tchèque. L'une bosse pour les nazis, l'autre se fait douce comme un lait aux amandes et pourtant... méfiance, méfiance, les femmes peuvent se révéler parfois aussi perfides que ce petit collabo avec la tronche et la petite moustache de l'emploi ; un petit homme engoncé dans ses habits nazis qui fait régner la terreur sur cette base d'aéroport. Des résistants, parmi les ouvriers, heureusement, il n'en manque point : non seulement ils sabordent leur taff et les avions mais en plus ils s'organisent pour collecter des armes et transmettre des infos confidentielles. La tâche est rude car la Gestapo tue une fournée d'hommes pour un sabotage, voire tout un village pour une simple suspicion de rébellion. Bref, il vaut mieux la jouer profil bas. C'est bien d’ailleurs ce qu'a du mal à comprendre un ingénieur qui s'est engagé sur la base avec son neveu pour venger la mort du père d'icelui - son propre frère donc... Il commence à piquer en douce quelques grenades sans savoir que la résistance s'organise à plus grande échelle ; le neveu, tout aussi naïf, se fait prendre par ce salopiot de petit moustachu la main sur une des grenades dérobées : il risque non seulement d'y passer, le gamin, mais de compromettre tout le réseau - pas toujours facile de se venger aveuglément...

vlcsnap-error814

vlcsnap-error842

En soixante-dix minutes, Cáp nous présente avec aisance une foule de personnages facilement identifiables et trousse une intrigue qui ne cesse de se tendre. Si les résistants doivent faire constamment preuve de malice, ils doivent faire face à une armée de tueurs qui ne tergiversent pas cent fois avant d'abattre tout homme suspicieux. Autant dire qu'il faut serrer des fesses du matin au soir pour ne pas se faire gauler. L'une des deux femmes évoquées en intro, celle qui bosse pour les nazis pour mieux les infiltrer, doit faire face à une double pression : elle est à la fois constamment suspectée par ses employeurs et méprisée par la population qui ne voit en elle qu'une traîtresse. Elle doit sourire à ces nazillons qui la draguent ouvertement et ravaler sa fierté devant ses rombières de voisines qui la snobent. Bienheureusement, elle excelle, malgré la pression, pour saisir chaque opportunité et faire passer en douce une info capitale. Une héroïne aux nerfs de fer. Alors que l'on sentait monter une opération d'envergure, on verra que Cáp préférera mettre en reliefs ces simples quidams qui, à leur petit niveau, malgré leur maladresse, n'hésiteront pas à donner leur vie pour protéger les leurs. Une petite goutte d'eau dans un océan de révolte. Monté au millimètre, ce film de Cáp n'a pas volé son prix à Cannes et demeure un témoignage à chaud sur cette période plein de fougue. Cáp o'bas, j'ai envie de dire, mais faut avoir l'accent tchèque pour saisir...

vlcsnap-error600

vlcsnap-error536

Quand Cannes