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Toujours un plaisir de découvrir le reste de la filmo du sympathique Baker qui nous sert ici un bon ptit film d'artisan à la Hitch (à la, j'ai dit) : c'est John Mills qui mène la ronde dans cette classique histoire de faux coupable. Notre homme, dès l'ouverture du film, a été victime d'un accident meuh-meuh qui lui a fracassé le crâne et durant lequel il a perdu la petite fille de ses amis - la tragédie ultime. Il ressort au bout d'un an de l'hôpital un peu pantelant mais prêt à recommencer une nouvelle vie : il vit dans une petite pension avec des gens un peu minables (des vieux pas gais et cancaniers, un voisin envieux, un gay gentillet et neuneu, une voisine crampon) mais il a trouvé un nouveau taff dans un laboratoire qui semble le motiver – manque juste la femme pour reconstruire sa vie. Celle-ci lui est offerte sur un plateau par son collègue qui a la bonne idée de lui présenter sa sœur : John croise le regard de Joan Greenwood et bingo, c'est le coup de foudre. Notre homme a toujours peur de retomber dans une crise mais franchement, il a repris du poil de la bête. Et puis paf, la tuile. Sa voisine crampon à laquelle il aavit filé de la thune est retrouvée étranglée dans un jardin non loin. Il lui parlait de temps en temps, son cerveau avait reçu un sacré pète, il était de sortie de cette nuit-là : il est le parfait coupable !

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Baker est un homme de goût et il sait s'entourer pour ce film noir d'un chef de la photo de haute volée : Erwin Hillier sait trousser de parfaites atmosphères de brume nocturne londonienne, trouver l'angle parfait en contre-plongée pour faire paraître un individu inquiétant, jouer des ombres sur le front préoccupé de notre héros, de la lumière pour rendre encore plus radieuse Joan. Comme le découpage du film est relativement simple et clair (la rémission du héros après son accident, sa période de bonheur, la suspicion qui pèse sur ses épaules, la fuite pour prouver son innocence), on prend un certain plaisir à voir la pression progressivement montée jusqu'au moment de vérité : notre héros pourra-t-il sauver sa tête ou va-t-il s'effondrer sous les soupçons qui lui plombent l’esprit (lui-même finit d’ailleurs par douter : et si je l'avais tué, la bougresse ?). Mills est pris dans une sorte de tourbillon, entouré qu’il est d’individus toxiques (la vieille voisine qui livre un témoignage contre lui, son propre collègue qui doute de son rétablissement, les flicards ultra-superficiels qui vont au plus court pour rapidement boucler l’enquête) comme s'il se devait payer l'accident "originel" - ce qui est plutôt bien vu. Ce qu'on peut regretter, toutefois, c'est que Mills donne trop de cartes à son spectateur pour que celui-ci se pose véritablement des questions. On sait clairement dans l'histoire qui est innocent et quel est le coupable et le suspense en prend un petit coup dans les côtes. Dans l'ultime ligne droite, même si Mills a tout le monde contre lui, on ne tremble finalement que guère pour sa pomme - on voit bien que Baker n'est pas le champion du monde de la surprise et qu'il va laisser se dérouler son scénar (signé Eric Ambler d'après son propre bouquin) comme on pouvait le supposer. Dommage, donc, au niveau de la tension, mais le film reste esthétiquement suffisamment soigné pour qu'on en sorte satisfait. Ce Baker passe encore bien la barre.  

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