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Petit retour nostalgique sur des films qui bercèrent mon adolescence, Good Morning Babilonia (tout comme La Nuit américaine... ou L'Hôtel de la Plage - oui, on n'est pas dans la même catégorie, mais il faut bien que le goût se forme...) faisant partie de ces cassettes VHS que nous usâmes jusqu'à la trame avec mes brothers... Trente ans plus tard, j'ai toujours beaucoup d'attachement pour ce film "calibré" pour la quarantième édition du festival de Cannes où plusieurs cinéastes déclarèrent leur amour au septième art. Les frères Taviani évoquent les mésaventures de... deux frères, qui quittèrent l'Italie comme sculpteurs et qui parvinrent au succès à Hollywood comme décorateurs pour, excusez du peu, D.W. Griffith himself. Entre-temps, nos deux aventuriers connurent des galères (éleveurs de cochons dans la pampa) et des aventures amoureuses émoustillantes (avec les deux "figurantes" Désirée Nosbusch et Greta Scacchi, deux grands émois d'adolescence...). Tant que nos deux frères sont liés, sont solidaires, ils continuent de croire en leur rêves. Du jour où les aléas de la vie les séparent (l'un perd son enfant et décide de partir à la guerre), ils signent en quelque sorte leur arrêt de mort… même si le destin décidera de les réunir sur le fil... Que de hasards et de drames, ma bonne dame.

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S'il est fortement question d'amitié, d'entraide dans l'adversité, le film se fait un devoir d'être un hommage au cinoche - sous la figure tutélaire du géant Griffith. Après avoir profité de l'expo universelle (qui eut lieu à San Francisco) pour se refaire une place au soleil, nos deux artisans vont ramer avant d'avoir leur chance : simples "techniciens" lumière au départ (que la lumière fut, on voit le symbole – tout comme lors de leur arrivée aux States, les yeux vers le haut (comme s’il s’agissait d’un écran de cinoche, on connaît la leçon de JLG)), ils vont avoir l'opportunité de participer à l'un des films les plus dantesques de Griffith, Intolerance. Nos deux petits ouvriers ritals vont pouvoir faire preuve de leur créativité, de leur audace, de leur démesure en construisant notamment les éléphants d'un décor majestueux. Les frères Taviani se font une joie de faire rôder leur caméra sur des plateaux de tournage d'époque et de faire de Griffith (inspiré lui-même par un film italien, Cabiria) l'un des cinéastes les plus visionnaires et ambitieux de son temps (et accessoirement, aussi, pour la peine, très paternaliste...). Le final sera évidemment lui-même un ultime clin d'oeil au pouvoir des images et leur valeur de mémoire...

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Ce qu'on aime dans ce petit film enchanteur des frères Taviani (sachons raison garder une fois les adorations adolescentes excessives passées), c'est aussi bien la musique inspirée et lyrique du gars Nicola Piovani (qui lorgne aussi, au besoin, du côté de Nino Rota), la luminosité extrême de la chose (tout le film semble baigné dans une lumière quasi divine) ou encore les sourires (voire les seins...) luminescents de la Greta et de la Désirée. Si les deux frères sont très potaches dans leur façon de draguer les belles (les petits mots de cour de récréation qui finissent par envahir le studio), ils mettent un sérieux de pape dans leur travail : ce petit mix entre légèreté amoureuse et conviction artistique (ou artisanale) n'est certes pas d'une originalité absolue mais on se laisse facilement séduire par ce scénar des frères Taviani, tant ceux-ci essaient de magnifier cet americano-italian dream. Reconnaissons malgré tout, derrière ces louanges un brin nostalgiques, que tout l'épisode de l'arrivée du père en terre américaine flirte méchamment avec la caricature et que le dernier quart d'heure (qui se veut mélodramatique à souhait) n'est pas une réussite absolue (ma mémoire se fait d'ailleurs un plaisir à chaque vision (j’en suis à 38) d'oublier volontairement cette fin un peu chargée...). Bref, un film des Taviani en forme d'ode au cinéma qui saura toujours enchanter ceux qui ont su garder une âme d'enfant (je ne m'étendrai pas sur la mienne, merci). Viva Babilonia !

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