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Jean-Christophe Meurisse et ses trois comédiens (Céline Fuhrer, Thomas Scimeca, Maxence Tual) se lancent dans un projet qui peut faire un peu peur au départ : un genre de film à sketches des temps modernes sur un ton qui n'est pas sans rappeler en son temps un certain Bertrand Blier (de la famille que l'on vient faire chier à l'improviste au trio en bateau). Disons-le tout de go, le résultat est souvent assez drôle (j'ai dû rire deux fois, un record), grâce à la tchatche de ces trois personnages décalés, à leur petit ton irrévérencieux qui leur va bien au teint, et aux situations à la con dans lesquelles ils se retrouvent. La partie sans doute la plus réussie est celle où nos trois bras-cassés débarquent chez Claire Nebout et Saladin pour bouffer leur soupe : très vite le petit jeu enfants-parents se met en place et chacun se balance de bien grosses bâches bien vachardes. La réaction des parents et les plaintes des enfants nous font facilement penser à certains dîners familiaux animés... On a également aucun mal à sourire devant ce portrait d'un banquier peu prêteur, l'emportement d'un maire au bord de la crise de nerf (non putain ,je ne peux pas vous marier tous les trois, c'est la loi, vous allez arrêter de me casser les couilles), et la petite leçon merdique d'un employé de Pôle Emploi pour bien préparer un premier entretien - rire qui se transforme presque larmes quand on voit celles de l'un des personnages de notre trio magique un peu trop dans la peau de son personnage. On a droit en bonus à des balades dans de biens jolis paysages (c'est pas mal la Corse, surtout ses petits villages désertés…) et à quelques épisodes burlesques dignes des Pieds-Nickelés (la poursuite en quad avec les flics ou encore la pire interprétation de Message personnel de Françoise Hardy - un grand  moment d'émotion). Après tout n'est malheureusement pas autant réussi (le Christ ressuscité, les combats de catch, le collage de chaussures au plafond : on tomberait presque dans des scènes dignes d’une caméra cachée à deux balles si l'esprit n'était pas totalement déjanté) et l'on peut regretter qu'il n'ait réussi à tisser un scénario pour mettre bout à bout ces différents sketches. Mais, pour ne pas rester sur une fausse note, relevons l'esprit totalement déconnant de la chose qui apporte, comme le dit la formule consacrée, une vraie bouffée d'air dans la comédie française si polissée et couillonne. Du coup, on souhaite que le quatuor creuse encore dans cette voie pour que l'on puisse les rejoindre encore plus à fond dans cette descente en apnée drolatique et caustique (même si parfois les bulles sont des pets).   

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