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Petite radioscopie d'un couple en crise par Lafosse. Sur un scénario de Mazarine Pingeot (!), le cinéaste belge nous donne à voir un best of des engueulades et des tensions entre deux êtres avec enfants. Quinze ans de mariage pour aboutir à ce huis-clos où les petites mesquineries fusent, où les deux êtres quoique l'un dise, quoique l'autre fasse, ne sont jamais d'accord. Elle le dit, elle ne l'explique même pas, elle ne le supporte plus. Il baisse la tête, essaie encore d'y croire mais finit toujours par faire la petite réflexion qui la met hors d'elle. Bon, il faut raison garder devant les enfants avec lesquels les deux parents tentent d'être bienveillants mais le cochon est dans le foin : ils sont irréconciliables et chacun campe sur ses positions pour sortir de la crise - il veut la moitié du prix de la maison, elle ne veut lui en concéder qu'un tiers. Derrière ce marasme sentimental se cache en effet un autre point de discussion purement "économique" évoqué dans le titre : elle est fille de petits bourgeois et estime être à l'origine de l'achat de la maison (ses parents lui ayant fourni une bonne part de l'apport) ; il est plutôt prolo, a travaillé d'arrache-pied dans la baraque et estime avoir le droit à la reconnaissance de son travail - une tension que l'on devine exister depuis les premiers temps de leur rencontre et qui remonte salement à la surface à l'heure des règlements de compte. Ambiance anxiogène.

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Malgré la bonne tenue des deux acteurs (Bejo et Kahn), on a bien du mal à vraiment s'attacher à ce film qui se contente de faire fuser les petites piques. Quand Lafosse tente d'agrandir le cercle des personnages - la séquence avec des invités témoins malgré eux de leur dispute -, il manque là aussi un peu d'inspiration : tout le monde reste en chien de faïence, baisse la tête, la gêne s'installe - on reste au niveau du petit malaise quand on se serait attendu à un règlement de compte dans les règles (mais n'est pas Pialat qui veut, certes). Le canevas reste un peu trop gentillet en attendant patiemment le passage devant le juge - où chacun obtiendra grosso modo ce qu'il désire ; Kahn retire certes un peu plus de billes de la casa mais cela ressemble à une victoire à la Pyrrhus, lui qui espérait que (il n'aura eu droit qu'à une petite scène de réconciliation affectivo-sexuelle sur Maître Gims - l'horreur absolue). Un petit film qui traite d'un sujet douloureux mais qui prend un peu trop de pincettes pour sortir vraiment du lot - une interprétation correcte sur un scénar sans surprise.

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