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Voilà un documentaire qui n'apprendra pas grand-chose à tout bon fan de ce chef-d’œuvre mais qui ravira les nostalgiques dont je fais partie (il y a 30 ans à peine, il y a 30 ans déjà). Braatz a eu la chance d'assister au tournage de cette œuvre de la maturité de Lynch (qu'ils étaient tous beaux et jeunes à l'époque) et il en tire 30 ans plus tard ce doc qui nous sert de bien belles images joliment mises en musique  - même si on peut regretter que, sur le fond, on reste définitivement en surface. Il y a bien ici ou là une poignée d'interviews de Lynch, des interviews durant lesquels Lynch se contente surtout de souligner à quel point tout se passe bien, à quel point il est content de la façon dont se déroule le tournage grâce aux personnes avec lesquelles il est amené à travailler – que ce soit les acteurs (Dern, Hopper, Nance, Dourif...) ou les divers techniciens (aucune mention de Badalamenti, ceci dit, malheureusement). Il sait à quel point ce film est une sorte d'OVNI mêlant différents genres et souligne notamment le fait qu'il change constamment de direction (ah le choc de la première vision de ce Lynch à 15 ans tout juste : le romantisme, l'érotisme, la violence crue, le thriller, la bande originale classico-jazzy écoutée par la suite en boucle... J'en ai encore des frissons dans l'échine).

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Lynch apparaît donc particulièrement serein sur ce tournage où on le sent attentif aux moindres détails du décor (il passe lui-même des plombes à écrire LUMBERTON avec du gaffer sur un camion - l'art du travail bien fait) et où il n'a de cesse, avec chacun des acteurs, de jouer lui-même chaque scène : on sent qu'il a ce film dans le sang et qu'il a en tête chaque micro-seconde. On perçoit aussi au passage le soin porté à chaque éclairage, à chaque mouvement de caméra, au travail sur le son. Lynch est un perfectionniste, on le savait, mais c’est un plaisir de le voir aussi détendu sur le set. Le doc de Braats permet de se repaître de nombreuses photos (photogrammes ci-contre, je me suis un peu lâché) et d'assister, de loin, au tournage de certaines scènes cultes (on ne voit généralement que quelques secondes mais le fan invétéré ne peut s'empêcher de sourire béatement). On a droit en prime à une interprétation quasiment in extenso de "Blue Velvet" par Isabella Rossellini et rien que cette petite répétition volée suffit à ne pas regretter la vision de la chose. Ce n'est certes pas le genre de documentaire qui permettra de fouiller la psychologie lynchienne ou de comprendre comment celui-ci construit ces films mais ces quelques images glanées sur ce film culte permettent au moins de voir l'homme au travail et sa volonté de tout contrôler - pas de stress, pas de tension, juste un soin méticuleux apporté à chaque personnage, à chaque élément du décor. Une sorte de cerise sur le gâteau pour les inconditionnels de ce peintre/cinéaste de génie qui nous a gratifié de quelques-unes des œuvres les plus marquantes de ces trente dernières années.

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