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Mis en bouche par Jackie, on s'est penché sur cette œuvre précédente de Larraín pour voir si on pouvait y déceler les mêmes qualités ; si, au niveau de la structure narrative, on sent que le gars maîtrise son sujet, on reste beaucoup plus sceptique devant la lourdeur de la démonstration... Certes traiter de la pédophilie en milieu catholique n'est pas le sujet le plus olé-olé du monde. Le cinéaste, en nous faisant pénétrer dans ce genre de "retraite" où sont confinés quatre prêtres "mis à l'écart", semble marcher sur des œufs avant d'aborder frontalement le sujet ; on découvre tout d'abord que nos quatre gars sont unis par une passion (la course de lévrier) puis, avec l'arrivée d'une cinquième recrue dans ce "club", le cinéaste va commencer d'aborder le sujet ; le nouveau venu est rapidement pris à partie par un quidam qui, hurlant depuis la rue en direction de leur retraite, raconte les sévices qu'il a subis enfant. On confit au prêtre un pistolet pour tenter de dissuader le gêneur et notre prêtre de se tirer direct une balle dans la tête - ah ben on y est, maintenant, dans le vif du sujet...

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Suite à ce petit incident, les locataires vont recevoir la visite d'un troublant "guide de conscience" : le type interroge nos hommes (et la femme "en charge de la maison" qui n'est pas non plus très claire...) et veut tout savoir sur tout (leur passé, leurs crimes, leurs excès, l'accident...) ; on sent qu'au sein de la maison-mère, un petit coup de balai s'impose... Sans chercher à dévoiler la façon dont va "évoluer" l'enquête et surtout quelle sorte de rédemption (si celle-ci est possible) va leur offrir ce fameux "visiteur-inquisiteur", disons qu'on ne fera pas vraiment dans la dentelle... Sacrifice ultime, pardon christique, on déballe le parfait kit du bon catholique, le tout lors d'une longue séquence lourdement mise en musique par Arvo Pärt... Une séquence au lyrisme de mauvais goût qui permet à Larraín de faire passer son message à grands coups de marteau - comme pour enfoncer les clous dans ces quatre membres de l'Eglise. On avait déjà eu au cours du film un petit avant-goût (...) du manque de mesure du cinéaste (la séquence du doigt dans le cul s'imposait-elle vraiment ?) et ce final un poil grandiloquent finit par rendre la pilule (ou l’hostie)  un peu amère... Le type a un certain pouvoir d'évocation, sait faire monter la tension, encore doit-il apprendre à retenir les chevaux (ou les lévriers) pour éviter les sorties de route. On tentera de trancher la question en visionnant ce Neruda sorti depuis peu. 

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