le-chemin-de-halima-620x413Ça part d'un bon sentiment, ce film, rien à dire. C'est pudique, noble, avec plein de personnages qui serrent les dents et sont chargés d'un lourd passé bien crasseux, et en plus de ça il y a des plans larges que je te raconte pas les mouvements de caméra trop jolis. Rien à dire, c'est impeccable, et ça peut passer sans rougir dans les ciné-clubs, dans le cycle "La guerre en Yougoslavie, et après ?" Jugez plutôt : Halima est une Bosniaque musulmane, et cherche depuis la fin de la guerre la dépouille de son fils, tué et enterré dans un des charniers qui fleurissent dans la région. Pour ce faire, elle va réveiller des tensions passées et tues dans sa famille, notamment des vieilles haines entre catholiques et musulmans et entre Serbes et Bosniaques. La fixation de la dame est-elle vraiment utile dans ce monde désorganisé et rempli de fantômes ? Elle va retrouver les ossements, mais va aussi déterrer des histoires pas nettes-nettes au sein de sa famille. Voyez que j'invente rien : il y a du blé à moudre au niveau de la discussion d'après projection.

DVD_Le_Chemin_de_Halima_12Le souci, c'est que Ostojic n'a aucun regard, aucune distance par rapport à son histoire. Dirigeant tout vers un mélodrame flamboyant très appuyé, avec personnages caricaturaux et situations injouables, il semble beaucoup trop bouleversé par son sujet pour en faire un film vraiment intéressant. Le gars n'y va pas avec le dos de la cuillère, entre flashs-back (certes discrets) traumatiques, père raciste, vétéran hanté par ce qu'il a vu à la guerre, femme enceinte qui accouche en direct, et j'en passe. Il aime bien aussi vriller son image au moment où Halima est tourmentée, aussi. Tout ça est bel et bon, mais, et c'est con à dire, on n'en a rien à foutre. Les personnages ne sont pas attachants, et tout ça sent bien trop le grand cinéma pour être crédible. Ostojic se réfugie derrière le "d'après une histoire vraie", mais la somme de calamités et de drames qui s'abattent sur cette famille maudite sur deux générations rappelle plutôt les grands téléfilms à feuilletons des années 70. Trop de drames tue le drame, voilà. Belle musique, cela dit.