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Voilà un petit film grec qui sonne définitivement le glas des vacances. L'histoire est simple comme bonjour : un petit docteur d'une quarantaine année à l'allure de gentil bouledogue se fait muter sur une île grecque quasi déserte. Quasi déserte durant dix mois mais qui en juillet-août explose avec la jeunesse vacancière venue du monde entier. Time to fuck pussies, lui annonce avec élégance un des autochtones beaufs. Notre petit docteur n'y croit guère jusqu'à croiser dans son cabinet le regard d'une jeune femme des plus avenantes et pas vraiment farouche. Notre homme y croit, atteint le nirvana (sans gloriole) puis se fait jeter - notre homme s'accroche, notre homme picole, déprime, dérive... Ça ne sent pas forcément bon l'ouzo pour le happy end... Un film des plus lumineux par son image, son ambiance, sa décadence qui devient au fil du temps, à l'image de son héros, de plus en plus pathétique et foireux... Cette jeunesse incandescente et je-m'en-foutiste, cette jeunesse fêtarde et libre, clair que notre homme ne l'a pas connu ou alors il y a deux siècles. Il met le petit doigt dans l'engrenage de la sensualité et de la liberté, se prend au jeu, prend tout un peu trop au "sérieux" - le gros problème, c'est que notre quarantenaire est un peu brut de décoffrage et risque d’avoir bien du mal à prendre ses distances... La chute s'annonce douloureuse...

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Papadimitropoulos sur un scénar icarien régler comme du papier à musique (l'ascension, la proximité du soleil, la descente en flamme) nous sert une sympathique petite chronique d'un crash annoncé. On pense au départ que notre gars n'est pas dupe et saura simplement glaner, le temps d'un été, le souvenir d'une amourette bonus – seulement, à la première petite anicroche, on voit bien qu'il file un mauvais coton hydrophile... Travail bâclé, consommation d'alcool et de cigarettes en augmentation exponentielle, cette légère petite chronique se transforme en véritable voyage en enfer. Le ton devient glaçant, les cernes de notre gars se creusent et l'on sent bien que tout lui échappe... Le cinéaste multiplie les scènes nocturnes et notre héros de s'enfoncer chaque soir un peu plus dans la nuit et dans la mouise. Les traits du petit bouledogue se tendent, se ferment et l'on sent venir de loin le dérapage non contrôlé. Un film qui joue malicieusement des contrastes entre génération pour nous prouver par a+b que les plus vieux ne sont pas forcément les plus sages. On compatit un temps pour notre petit bout d'homme entre deux âges avant de reconnaître que l'âme humaine masculine peut renfermer des gouffres sans fond, pas toujours forcément évident à soigner : un docteur qui a bien du mal à en découdre avec lui-même, à se raisonner et qui se verra dans l'obligation – s’il n’est pas trop tard…- de recoudre le mal qu'il a fait... Lumineux puis noir, un bon petit film grec de rentrée pour fermer la page de l'insouciance et des bêtises.

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