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Voilà un premier film qui constituerait une excellente base pour un bouillon. Vous avez l'eau chaude, reste à ajouter les carottes, les pâtes, les patates, le sel, les herbes, les lardons, le poivre, et les lentilles. Ainsi vous aurez un bon plat. Pris comme ça, c'est un bol d'eau chaude. Autant dire que c'est super fade. Kristian et Alex sont poteaux, mais Alex disparaît, après une nuit de beuverie qui implique aussi Kristian. Dès lors, les faits et gestes de ce dernier deviennent déraisonnables, incompréhensibles, certains se chargeant de violence, d'autres de pulsions paternelles ou amoureuses. On sent que la marmite bout, et que le gars aurait peut-être deux ou trois choses à cacher, comme une homosexualité larvée, une amertume certaine dûe au temps qui passe et à son incapacité à devenir un grand joueur de hockey, et à une jalousie enfouie, le gars Alex ayant jadis piqué à son pote sa nana. Avec tout ça, Östberg tricote un petit thriller psychologique pas super intéressant, qui manque de nerfs et de caractère, et qui se termine à peu près comme il a commencé, comme un bon vieux pétard mouillé. En passer par tous ces épisodes singuliers pour en arriver à ce qu'on savait depuis le début, on se demande si c'était bien utile.

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Sur l'ardoise du réalisateur, pour son premier film : une excellente direction d'acteurs. Ce gars, Sverrir Gudnason, a tout d'un grand, comme dirait l'autre, et parvient à être inquiétant ou pathétique en un seul clin d'oeil. Ses brusques pulsions (quand il cherche à se venger d'un coup de poing reçu) sont fascinantes, et on le regarde perdre tranquillement pied dans ce mélange de douceur, d'amour inassouvi, et d'énergie. Östberg le dirige à l'américaine, et le place au milieu d'atmsophères pas mal restituées, petites forêts enneigées, banlieues cradasses, avec une préférence pour les lieux rarement montrés, stations-services, gymnases, zones de transferts de trains, etc. Heureusement que ces deux éléments sont réussis, parce que sinon on aurait vraiment sombré dans un ennui profond. Le scénario semble usé jusqu'à la corde, ce genre de thriller qui ne démarre jamais ayant fait les grandes heures du cinéma des années 2000. La mise en scène est certes professionnelle, mais manque pour sûr d'un vrai regard neuf, sent l'élève de haute école cinématographique qui veut faire son film sensible et sobre. On regarde ça gentiment, en l'oubliant au fur et à mesure, parfois attiré par un détail (l'acteur, ces scènes taxidriveriennes où il prépare sa matraque), parfois tenté d'aller faire autre chose (la comédienne minaude à mort, et le thème de l'homosexualité ne semble étonner que le protagoniste). Banal, ce qui semble bien être la pire insulte qu'on puisse faire à un film.

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Le DVD de Blowfly Park est sorti le 20 août 2016. Sa page Facebook : Outplay.
C'est l'excellent site Cinétrafic qui nous a permis de voir cet ineffable film.
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