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Un film un peu rafistolé puisque, renseignements pris, il s'agit d'un montage de trois téléfilms, dont seul l'épisode central est réalisé par Jacques Tourneur. Vous dire que ça ne se sent pas serait mentir, le bazar est maladroit et collé au gros scotch, les intrigues s'enchâssent les unes dans les autres à l'arrache, sans se terminer vraiment, et beaucoup de personnages attachants (Patrick Macnee notamment) disparaissent sans laisser de traces. Cela dit, on passe quand même un excellent moment devant ce western du samedi soir, malgré son hétéroclisme. Ca va pas péter bien loin, mais voici quand même un film qui arrive à concilier deux genres, les westerns, avec ce que ça comporte de scènes d'action, et l'espionnage, une grande partie de l'action étant consacrée aux petites entubes et autres pièges diaboliques tendus par les agents et contre-agents français, anglais et canadiens, tabernacle. Des deux côtés, c'est très satisfaisants, la mise en scène est rigoureuse, les acteurs excellents, et le technicolor qui fait briller les tuniques et rougir les jeunes filles fait le reste.

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Pour capturer un gradé français, un mercenaire anglais et ses joyeux compagnons sont envoyés au turbin. Le gars a ses méthodes (et vlam une bagarre contre un p'tit bleu qui veut pas obéir), mais il connait le terrain et dirige sa troupe comme un chef. Dans la première partie, on lui adjoint un sbire tout en distinction british, qui refuse d'enlever sa tunique rouge  fuchsia au combat et se jette tout habillé dans la gueule du loup. C'est pétaradant, très joliment réalisé, assez violent, mais on oublie un peu et on passe à la deuxième partie. Nos gars sont faits prisonniers et enfermés dans un camp. Là, c'est un film d'évasion qu'on regarde, avec ses tunnels creusés la nuit et ses gardes immmmondes. On a même droit à un détail assez marrant : tous les gars, pour ne pas être identifiés, s'appellent Smith. Il faudra les aveux obtenus sous la torture d'un pauvre hère pour qu'on identifie le major Rogers à l'ultime moment. S'ensuivra une série de coups de feu et de poignardages assez impressionnante, ça continue dans la brutalité et le corps-à-corps. Enfin, nos gusses pénètrent dans l'antre du danger ultime, puisque la dernière partie est consacrée aux manoeuvres que le major, déguisé ehehehehe, opère pour parvenir à ses fins, épaulé par la gracile et émancipée Taina Elg (traitresse ? pas traitresse ? suspense). Une partie très agréable, tendue et pleine de coups de théâtre, qui se termine aussi brutalement qu'un épisode télé, et ça tombe bien, c'en est. Au total : on regarde ça amusé et content, en admirant comme toujours la modestie de ces deux réalisateurs et leur goût pour le divertissement le plus pur. Pas génial, non, mais fun.

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