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Vous vous êtes toujours demandé pourquoi on bouffait autant de kilomètres dans les films de Kiarostami ? Voilà le film ultime, pour répondre à toutes vos questions sur la thématique routière dans l'oeuvre du cinéaste iranien. Kiaro nous expose son paysage intime, un paysage fait de routes qui serpentent, un paysage de routes bordées d'arbres, de routes au bord desquelles on peut trouver, au milieu de nulle part, un animal, chien, cheval ou oiseau, un paysage de routes montagneuses qui ne cessent de faire des détours, un paysage de routes couvertes de neige immaculée, ... Sachez-le une bonne fois pour toute, la route, chez Kiarostami, c'est toute une philosophie de la vie, une allégorie continue de notre petite existence avec ses tournants, ses impasses, ses lignes droites, ses rencontres, un voyage perpétuel d'un point à un autre, cet autre pouvant gentiment se confondre avec la mort (Mais Kiarostami est immortel comme ces routes iraniennes qui sont infinies). Après avoir tenté de nous faire pénétrer dans ses photos, dans ses paysages de cailloux, d'arbres épars et de virages divers, Kiaro prend la peine, à l'aide de poèmes ou de quelques mots personnels de nous expliquer cette fascination depuis son plus jeune âge pour ces invitations au voyage. A force de nous montrer ces routes qui vont leur petit bonhomme de chemin à travers les montagnes, on finit par avoir l'impression de rentrer dans l'œuvre d'un peintre abstrait qui tend de plus en plus vers l'épure : pour preuve ces paysages enneigés sur la fin d'où émergent simplement une poignée d'arbres qui prennent étrangement la forme d'un "alphabet naturel" - la référence aux esquisses asiatiques (qu'elles représentent d'ailleurs des paysages ou de simples mots dessinés d'un coup de pinceau) se fait ainsi tout naturellement. Kiarotami nous met sur la "piste" de son œuvre et finit par nous perdre dans ces photos où le blanc prend une place de plus en plus prépondérante... A la fin de ce film, on assiste à l'explosion d'une bombe atomique (cette œuvre réalisée en août 2005 faisait partie d'un festival commémorant, cinquante ans plus tard, les bombes lâchées sur Hiroshima et Nagasaki), une bombe qui vient mettre le feu à l'ultime photo (un portrait de chien sur la neige) avant de la réduire en cendre : un joli raccourci de la poésie cachée, profonde, essentielle de ces paysages réduite en un rien de temps par la barbarie.

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A tout Kiaro