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Jung, jeune gamin coréen abandonné au lendemain de la guerre, revient sur son adoption en Belgique dans une famille nombreuse. L'originalité de la chose, au niveau de la forme, est de vouloir mêler caméra super 8, dessins (Jung étant lui-même dessinateur), dessins-animés (en 2D ou 3D selon les humeurs) et film documentaire (les images assez cradingues de Jung déambulant dans la Corée contemporaine). Bien sûr, l'ensemble de la chose étant motivé par des thèmes aussi divers que la quête d'identité (pas facile d'être une petite abeille en Belgique... et puis quand même pas de bol d'être adopté en Belgique tout court, non ? Allons, ne tombons pas dans la blagounette à deux balles), la quête d'identité ou encore la quête d'identité (il y en a sûrement d'autres, des thèmes, mais le dimanche matin n'est pas propice à la réflexion). Notre ami Jung, donc, évoque cette petite famille sympathique et accueillante au demeurant (qui adoptera une sixième enfant, une autre petite Coréenne quelques années plus tard), ses conneries (il ment, vole, triche - la fessée ni le fouet n'étaient alors interdit en nos douces contrées occidentales et il devra subir plus d’une fois la colère de sa mater), ses petits délires (sa dérive identitaire vers la culture japonaise plus excitante que la Coréenne - de Goldorak à Kurosawa), son éveil sexuel (très fantasmé, peu transformé).

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Le sujet n'est pas inintéressant en soi, les dessins-animés en 3D possède une certaine patine vintage mais on a bien du mal, à l'image de cette multiplication de supports imagiers qui n'ont parfois pas grand intérêt (toute la partie du retour de Jung en Corée apporte une nouvelle couche d'images mais absolument rien d'intéressant ni esthétiquement ni au niveau du sens), a vraiment décollé de la petite historiette anecdotique. Ah ben oui, pas évident d'être un petit asiatique en Belgique même si à l'époque l'accueil de migrants était vu d’un meilleur œil,  comme une sorte de petite fierté européenne (200 000 Coréens furent adoptés et plusieurs dans le même village que Jung... Ah ben les gens étaient plus sympathiques avant, moi je dis...). Jung peine parfois à trouver un peu sa place dans cette famille « sévère mais juste » mais on en attendait pas moins... Notre petit ami s'évade dans le dessin pour se créer un autre monde et patati et patata, c'est une bien belle leçon de vie pour un public ado mais reconnaissons que ce petit cri identitaire est un peu faible : on en attendait pas moins (et il peine à lier, j'insiste, ce magma d'images). Une œuvre pleine de bonne intention mais malheureusement guère surprenante et un peu fourre-tout visuellement.

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