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Il y avait chez Solondz un certain comique pince sans rire. Tout cela s'est transformé en une sorte de cynisme morne rendant ses historiettes plus ennuyeuses que piquantes. On assiste ici à quatre histoires, mettant en scène quatre âges de la vie avec, en fil rouge, un teckel. Ce dernier va être la joie d'un jeune garçon avant de choper une sale gastro à cause d'une barre de Granola (la joie dure peu, la gastro plus longtemps - à table...), puis va réunir un couple de trentenaires un peu neuneus et perdus ; il va ensuite, le pauvre, servir de "bombe animale" pour un Danny De Vito au bord de la crise de nerfs (prof nul, scénariste à chier, vie de merde) qui décide de tout faire péter. Il va enfin servir de compagnon (répondant au doux nom de Cancer) auprès d'une vieille dame aveugle mal entourée (sa petite-fille vient la voir tous les trois ans pour lui demander du pognon). On finira dans la liesse et la bonne humeur, notre cher teckel se faisant salement écraser. On le voit, Solondz déprime en attendant tranquillement la mort et nous fait partager sa chienlit. C'est une posture qui n'est pas forcément inintéressante en soi mais qui malheureusement donne un cinéma terriblement plan-plan, pour ne pas dire tout bonnement plat.

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Qu'il s'agisse d'une Julie Delpy (c'est moi ou elle a pris trente kilos depuis sa dernière apparition ?) raciste et menteuse, d'un type paumé et drogué aux paupières mauves, d'un Danny de Vito triste comme une saucisse de hot-dog ou d'une Ellen Burstyn sur la pente, on ne peut pas dire que les personnages de ces différentes histoires soient franchement attachants. On pourrait se réjouir de ce petit jeu de massacre humain où chaque personnage mène une vie au ras des pâquerettes mais le manque de relief de la mise en scène, l'absence de dialogues relevés ou encore le comique ultra low-key pour ne pas dire au ras du bitume (un travelling de cinq minutes sur la chiasse du toutou s'imposait-il ?) ne poussent pas vraiment le spectateur à l'extase. On suit ces petites histoires tristounes en se demandant l'intérêt que peut avoir le gars Todd à nous montrer tout le pathétique de ses non-héros (la seconde partie se finit bien sur le fil et l'on passe rapidement à autre chose comme s'il ne fallait pas abuser des bonnes nouvelles) : peu de surprises, peu de rire, ce chien-saucisse tire en longueur et a autant de goût qu'un hot-dog froid... Le mordant de Todd semble définitivement appartenir au passé.

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